Publié le 16 octobre 2025 06:51:00. La campagne annuelle de vaccination contre la grippe est lancée, mais son efficacité dépend non seulement de l’injection elle-même, mais aussi des habitudes de vie adoptées avant et après. Des experts mettent en garde contre l’utilisation systématique d’analgésiques et recommandent une hydratation adéquate pour optimiser la réponse immunitaire.
- La vaccination est gratuite pour les plus de 60 ans, les femmes enceintes, le personnel soignant, les personnes atteintes de pathologies chroniques et les enfants de six mois à six ans.
- La prise d’anti-inflammatoires avant ou après la vaccination peut réduire l’efficacité du vaccin.
- Une consommation excessive d’alcool et un manque d’hydratation peuvent également affaiblir la réponse immunitaire.
La campagne de vaccination antigrippale 2025-2026 a débuté le 1er octobre, mais sa mise en œuvre concrète varie selon les régions, conformément à l’autonomie organisationnelle du Service national de santé. Certaines régions, comme la Lombardie, ont immédiatement lancé la vaccination pour les populations les plus vulnérables, tandis que d’autres ont opté pour une approche progressive, en commençant par les établissements de santé et les maisons de retraite avant d’étendre l’offre aux médecins généralistes et aux pharmacies.
Le vaccin est proposé gratuitement aux personnes les plus à risque : les individus de plus de 60 ans, les femmes enceintes, le personnel soignant, les aidants, les enfants âgés de six mois à six ans, ainsi que les personnes souffrant de maladies chroniques ou d’affections affaiblissant le système immunitaire.
Si le vaccin reste le moyen le plus efficace de prévenir les complications graves de la grippe, telles que la pneumonie, les exacerbations de maladies respiratoires chroniques et les hospitalisations, son efficacité peut être compromise par des comportements souvent considérés comme anodins. Il est donc essentiel de ne pas seulement se faire vacciner, mais de le faire dans les meilleures conditions.
L’automédication : un ennemi de l’immunité ?
L’une des pratiques les plus courantes, et pourtant déconseillée par les médecins, est la prise d’anti-inflammatoires avant la vaccination pour prévenir les douleurs au bras ou une éventuelle fièvre. Plusieurs études ont démontré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, interfèrent avec la réponse immunitaire en atténuant le processus inflammatoire nécessaire à la production d’anticorps. Dans ce contexte, l’inflammation n’est pas un effet secondaire à supprimer, mais une composante essentielle de la défense immunitaire activée par le vaccin.
Même le paracétamol, bien que généralement considéré comme plus sûr, ne devrait pas être pris à titre préventif. Des recherches suggèrent qu’il peut également réduire l’efficacité du vaccin, de manière similaire aux AINS.
Les dangers d’une consommation excessive d’analgésiques
Au-delà de la vaccination, une consommation excessive d’analgésiques présente des risques significatifs pour la santé. Une vaste étude menée auprès de plus d’un demi-million de personnes de plus de 65 ans a révélé qu’une consommation régulière d’acétaminophène – même seulement deux fois en six mois – est associée à un risque accru d’ulcères d’estomac, d’insuffisance cardiaque et d’hémorragie intestinale. Le professeur Weiya Zhang, de l’Université de Nottingham, qui a coordonné cette étude, insiste sur la prudence :
« Il faut le prendre uniquement lorsque c’est vraiment nécessaire, et non de manière continue, car cela peut causer de graves problèmes, surtout s’il est pris à la dose quotidienne maximale pendant des périodes prolongées. »
Professeur Weiya Zhang, Université de Nottingham
Les experts sont clairs : en cas de symptômes désagréables après la vaccination, tels que des douleurs au bras ou une légère fièvre, la prise d’analgésiques peut être envisagée, mais toujours à la dose minimale efficace.
Alcool et hydratation : des facteurs clés
La consommation d’alcool, avant ou après la vaccination, peut également avoir un impact négatif. Un verre de vin occasionnel n’est pas considéré comme problématique, mais une consommation excessive peut affaiblir le système immunitaire, réduire l’efficacité des globules blancs et augmenter le risque d’infections. De plus, l’alcool peut entraîner une fatigue accrue, des douleurs musculaires et une sensibilité accrue au site d’injection.
L’alcool est également un diurétique puissant, favorisant la déshydratation. Or, une hydratation insuffisante peut retarder la production d’anticorps et diminuer l’efficacité du vaccin, tout en augmentant le risque d’effets secondaires tels que des maux de tête ou des douleurs musculaires. Il est donc recommandé de limiter la consommation d’alcool et de boire abondamment de l’eau pour favoriser une réponse immunitaire optimale.
Activité physique : avec modération
L’activité physique, lorsqu’elle est pratiquée de manière appropriée, peut être bénéfique. Cependant, il est déconseillé de réaliser un entraînement intense dans les 24 à 48 heures suivant la vaccination, car un effort physique important peut exacerber les maux de tête, la fatigue et les symptômes passagers. En revanche, une activité modérée semble avoir un effet positif. Une étude de 2022 a révélé que les personnes qui effectuaient 90 minutes de marche rapide, de course légère ou de vélo immédiatement après la vaccination antigrippale développaient davantage d’anticorps que celles qui ne pratiquaient aucune activité, sans pour autant observer une augmentation des effets secondaires. Cela confirme que le mouvement, pratiqué avec discernement, peut contribuer à la prévention.