Publié le 19 octobre 2023 19:54:00. Le cancer du sein, le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes, touche chaque année des milliers de personnes en Argentine. Les avancées médicales se concentrent désormais sur une approche personnalisée du traitement, privilégiant la biologie de la tumeur et l’immunothérapie.
- Le cancer du sein est la deuxième cause de décès par cancer chez les femmes en Argentine, après les maladies cardiovasculaires.
- Plus de deux millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde, touchant statistiquement une femme sur huit au cours de sa vie.
- La médecine évolue vers des traitements individualisés, basés sur la biologie de la tumeur et l’utilisation de thérapies ciblées et de l’immunothérapie.
Avec environ 22 000 nouveaux cas et 6 000 décès chaque année en Argentine, selon les données de 2022 du National Cancer Institute, le cancer du sein représente un défi de santé publique majeur. La Journée mondiale du cancer du sein, commémorée aujourd’hui, souligne l’importance de la sensibilisation et du dépistage précoce.
Selon le Dr Juan Luis Uriburu, chef du service de mastologie de l’hôpital britannique et ancien président de la Société argentine de mastologie, une évolution significative est en cours dans la prise en charge de la maladie. L’approche médicale se tourne désormais vers une personnalisation du traitement.
« La biologie est plus importante que l’anatomie de la tumeur. Avant, on s’inquiétait davantage et on faisait des classifications en fonction de la taille. Plus la tumeur était grosse et plus elle avait de ganglions en dehors du sein, plus on s’attendait à un mauvais pronostic et à une plus grande agressivité de nos traitements. »
Dr Juan Luis Uriburu, chef du service de mastologie de l’hôpital britannique
Aujourd’hui, l’accent est mis sur les caractéristiques biologiques de la tumeur, même si elle est de petite taille, car elle peut s’avérer plus agressive qu’une tumeur plus volumineuse. Parallèlement, des progrès constants sont réalisés dans l’identification de cibles thérapeutiques spécifiques, permettant d’adapter le traitement à la biologie de chaque tumeur.
Le Dr Uriburu explique que des récepteurs hormonaux sont identifiés pour orienter l’hormonothérapie, et que des oncogènes sont également recherchés, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. Par exemple, un anticorps monoclonal ciblant l’antigène HER2 Neu a été développé pour traiter les tumeurs présentant cet oncogène.
« Dans le cancer du sein, il existe actuellement des thérapies ciblées contre certaines tumeurs qui étaient auparavant parmi les plus agressives et avaient le plus mauvais pronostic et la plus mauvaise mortalité, et depuis que les traitements ciblés ont été utilisés, elles se sont transformées en tumeurs comparables aux moins agressives. »
Dr Juan Luis Uriburu, chef du service de mastologie de l’hôpital britannique
En complément de ces cibles thérapeutiques, des plateformes génomiques permettent d’identifier les gènes présents dans les tissus tumoraux qui augmentent le risque de métastases. Dans ces cas, un traitement plus intensif peut être envisagé. Cette approche permet de réduire l’agressivité des traitements, les médecins étant de plus en plus conservateurs, tant sur le plan chirurgical que thérapeutique.
L’immunothérapie, utilisée depuis quelques années, représente une autre avancée importante. Ces médicaments renforcent la réponse immunitaire du patient et améliorent l’efficacité des traitements conventionnels, tels que la chimiothérapie et l’hormonothérapie, notamment dans les stades avancés de la maladie.
En matière de prévention, le Dr Uriburu distingue une prévention primaire, basée sur l’adoption d’un mode de vie sain (alimentation équilibrée, activité physique régulière, réduction de la consommation de graisses et d’alcool), et une prévention secondaire, axée sur le dépistage précoce.
« Plus vous le découvrirez tôt, plus l’approche sera conservatrice en matière de chirurgie et de traitements, en plus d’obtenir de meilleurs résultats de guérison. »
Dr Juan Luis Uriburu, chef du service de mastologie de l’hôpital britannique
L’hôpital britannique a créé un Institut Génétique pour réaliser des études permettant d’identifier les altérations génétiques qui augmentent le risque de cancer du sein ou des ovaires, bien que cela ne concerne que 8 % des cas.
Le Dr Nicolás Farah, résident en chef du service de gynécologie et de mastologie de l’hôpital allemand, souligne l’importance de la mammographie annuelle à partir de 40 ans, une méthode qui a prouvé sa capacité à réduire la mortalité de 30 à 40 %. L’échographie mammaire est un complément utile, mais ne remplace pas la mammographie.
Pour les femmes ayant des antécédents familiaux, le dépistage doit être effectué dix ans avant l’âge auquel leur mère a reçu un diagnostic de cancer du sein. Un diagnostic précoce est essentiel, car les tumeurs de moins de 1 cm ont un taux de guérison supérieur à 90 %.
Dans le cadre de l’initiative « Octobre rose », l’hôpital allemand a lancé une plateforme en ligne proposant un test gratuit pour évaluer les risques individuels. La Fondation Institut Natura et Avon ont également présenté l’Indice de sensibilisation au cancer du sein, une étude révélant que seulement quatre femmes sur dix, principalement de plus de 40 ans, disposent d’informations suffisantes sur la santé de leurs seins.
L’étude révèle également la persistance de certains mythes, comme l’idée que le nodule est le principal signe du cancer du sein, alors que la maladie est souvent asymptomatique à ses débuts. Néanmoins, près de 80 % des personnes interrogées pensent que le cancer du sein peut être guéri avec un diagnostic précoce.