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Trop d’administratifs à l’hôpital ? C’est désigner un bouc émissaire et cacher les véritables causes du problème (Christophe Prudhomme) – Santé-Environnement-Politique

La polémique sur les difficultés rencontrées par le système hospitalier français rebondit, avec des accusations croisées sur les causes profondes de la crise. Alors que certains pointent du doigt une administration trop lourde, d'autres dénoncent une stratégie délibérée…

Trop d’administratifs à l’hôpital ? C’est désigner un bouc émissaire et cacher les véritables causes du problème (Christophe Prudhomme) – Santé-Environnement-Politique

La polémique sur les difficultés rencontrées par le système hospitalier français rebondit, avec des accusations croisées sur les causes profondes de la crise. Alors que certains pointent du doigt une administration trop lourde, d’autres dénoncent une stratégie délibérée de sous-financement.

Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, estime que l’hôpital public est victime d’un schéma classique de bouc émissaire, similaire à celui souvent utilisé à l’égard des immigrés. Il souligne que l’administration hospitalière, bien que parfois critiquée, est essentielle au bon fonctionnement des établissements. « Nous avons besoin de personnels pour la gestion, la logistique, l’entretien des bâtiments et d’encore bien d’autres activités qui permettent aux personnels soignants de pouvoir bien travailler, en étant déchargés de tâches qui ne relèvent ni de leurs qualifications ni de leurs métiers », explique-t-il.

Selon lui, le véritable problème réside dans l’évolution du rôle des directeurs et de l’administration hospitalière. Leur mission ne serait plus d’assurer la qualité du service public, mais de gérer des budgets chroniquement insuffisants. Les discussions se concentreraient ainsi principalement sur les déficits passés, présents et futurs, plutôt que sur l’amélioration des soins. Cette situation engendre une spirale infernale où, pour réaliser des économies, on réduit le nombre de lits tout en luttant contre le départ des soignants et en tentant de recruter dans des spécialités médicales où la rémunération est plus attractive dans le secteur privé.

Si des exemples de gestion déficiente sont réels et nombreux, il ne faut pas, selon le Dr Prudhomme, s’attaquer aux administrations hospitalières en elles-mêmes. La question centrale reste le manque de moyens, exacerbé par des lois de financement de la sécurité sociale qui ne permettent même pas de maintenir le niveau de service actuel.

Cette analyse est corroborée par des données comparatives. Une étude de 2020 révélait que les hôpitaux français employaient 33 % de personnel non soignant, contre 25 % en Allemagne. Jean-Baptiste Boon précise que cela représente un écart de 54 % par rapport aux établissements allemands, soit potentiellement 1,54 milliard d’euros (environ 1,7 milliard de dollars américains) d’économies possibles pour un groupe comme l’APHP.

Par ailleurs, l’OCDE a constaté que 405 600 personnes en France (équivalents temps plein) travaillent à des tâches autres que médicales ou paramédicales, soit 54 % de plus qu’en Allemagne, dont la population est pourtant supérieure de près de 25 %. L’IREF souligne que la bureaucratie représente un fardeau insoutenable pour le système de santé français.

Avant d’envisager de nouveaux plans hospitaliers, il serait donc crucial, selon les experts, de s’attaquer à ce problème spécifique à la France, caractérisé par un système centralisé et complexe, et de redonner aux hôpitaux la capacité de fonctionner de manière autonome. Il est impératif d’allouer efficacement les ressources disponibles, dans un contexte de finances publiques fragiles.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.