Publié le 2024-11-21 14:35:00. L’évitement restrictif de la prise alimentaire (ARFID), un trouble souvent méconnu, touche de plus en plus d’enfants et d’adolescents, pouvant entraîner de graves carences nutritionnelles. Les experts soulignent l’importance d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée.
- L’ARFID se caractérise par un évitement strict de certains aliments, motivé par le dégoût, la peur ou un manque d’intérêt.
- Contrairement à l’anorexie, l’ARFID n’est pas lié à une préoccupation excessive du poids ou de l’image corporelle.
- La thérapie repose sur une réintroduction progressive des aliments, dans un environnement détendu et sans pression.
Lorsque les enfants sont particulièrement difficiles à nourrir, il peut s’agir de plus qu’une simple phase. L’évitement restrictif de la prise alimentaire (ARFID), un trouble de l’alimentation encore peu étudié, peut avoir des conséquences sérieuses sur la santé, allant de la perte de poids à des carences nutritionnelles importantes. Il est crucial de distinguer l’ARFID des caprices alimentaires classiques, car il nécessite souvent l’intervention d’un professionnel.
L’ARFID se manifeste par un refus catégorique de certains aliments, non pas par peur de grossir, mais par dégoût, crainte de conséquences négatives (vomissements, allergies…) ou simplement par un désintérêt pour la nourriture. Contrairement aux troubles du comportement alimentaire plus connus, comme l’anorexie ou la boulimie, l’ARFID n’est pas motivé par une obsession du poids ou de l’image corporelle. Les causes sont souvent multifactorielles, combinant une prédisposition génétique et des expériences négatives liées à l’alimentation.
Le professeur Ulrich Voderholzer, psychiatre et psychothérapeute, directeur médical de la Schön Klinik Roseneck, explique que le traitement de l’ARFID repose sur une stabilisation progressive du poids et une exposition graduelle aux aliments refusés. Il insiste sur l’importance de créer une atmosphère détendue pendant les repas, en évitant toute forme de pression sur l’enfant.
« Les parents doivent éviter de forcer leur enfant à manger et privilégier un environnement positif et encourageant. »
Ulrich Voderholzer, psychiatre et psychothérapeute
Un diagnostic et une prise en charge précoces sont essentiels pour prévenir des complications à long terme. Pour les personnes concernées ou leurs proches, plusieurs ressources sont disponibles. Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur, mais des informations et une aide peuvent également être trouvées auprès de l’Institut fédéral de la santé publique. Des plateformes comme Troubles de l’alimentation – Centre fédéral d’éducation pour la santé proposent également des informations et des contacts utiles. Enfin, l’Association des médecins de l’Assurance Maladie peut aider à trouver un psychothérapeute, et le numéro d’appel 116 117 offre également une assistance pour la recherche d’un traitement.
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