Home SantéTroubles du sommeil : les citadins sont plus susceptibles de souffrir d’apnée du sommeil | Vie et connaissance

Troubles du sommeil : les citadins sont plus susceptibles de souffrir d’apnée du sommeil | Vie et connaissance

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’apnée obstructive du sommeil (AOS), un trouble respiratoire qui perturbe le sommeil et peut avoir des conséquences graves sur la santé, est plus fréquente en milieu urbain, selon une étude récente. La pollution atmosphérique, et notamment les particules fines, pourrait aggraver cette condition.

  • L’étude révèle une corrélation entre l’augmentation de la concentration de particules fines (PM10) et la sévérité de l’apnée du sommeil.
  • Les villes de Lisbonne, Paris et Athènes présentent un lien particulièrement fort entre pollution de l’air et troubles respiratoires nocturnes.
  • Les chercheurs soulignent l’importance de prendre en compte les facteurs environnementaux, tels que la qualité de l’air, dans la prévention et la gestion de l’AOS.

L’apnée obstructive du sommeil (AOS) se caractérise par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, souvent accompagnées de ronflements bruyants. Au-delà de la fatigue excessive qu’elle engendre, cette condition augmente le risque de développer de l’hypertension artérielle, des accidents vasculaires cérébraux, des maladies cardiaques et un diabète de type 2.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Milan-Bicocca, dirigée par le professeur Martino Pengo, a analysé les données de plus de 19 000 patients atteints d’AOS, provenant de 25 villes de 14 pays différents. Leurs travaux mettent en évidence un lien significatif entre l’exposition aux particules fines et l’aggravation des symptômes de l’apnée du sommeil.

Les chercheurs ont croisé les données des patients avec les relevés de concentration en PM10 – la quantité de particules minuscules issues des gaz d’échappement et des processus industriels – au niveau du domicile de chaque individu. Ils ont constaté que plus la concentration de PM10 était élevée, plus l’indice d’apnée-hypopnée (IAH) – qui mesure le nombre d’arrêts respiratoires (apnées) et de ralentissements respiratoires (hypopnées) pendant le sommeil – était important.

Les différences observées entre les régions pourraient s’expliquer par des facteurs tels que le climat local, le type de pollution, ou encore les pratiques de dépistage de l’AOS par les systèmes de santé, selon les chercheurs.

« Nous savons que l’AOS est plus fréquente chez les personnes âgées ou en surpoids, mais on s’inquiète de plus en plus de l’impact de la pollution atmosphérique sur cette maladie. »

Professeur Martino Pengo, Université de Milan-Bicocca

La professeure Sophia Schiza, responsable du groupe d’experts sur les troubles respiratoires liés au sommeil de la European Respiratory Society, basée à l’Université de Crète (Grèce), souligne l’importance de cette étude pour les personnes atteintes d’AOS, en particulier celles vivant dans des villes polluées.

« Cette étude est importante pour les personnes concernées, en particulier celles qui vivent dans des villes où la pollution de l’air est élevée. Elle suggère que la pollution pourrait aggraver leur état. »

Professeur Sophia Schiza, European Respiratory Society

Elle insiste sur la nécessité de prendre en compte les facteurs environnementaux, tels que la qualité de l’air, aux côtés des autres facteurs de risque. EurekAlert! rapporte que la professeure Schiza conclut : « Lutter contre la pollution atmosphérique est non seulement bénéfique pour la planète, mais aussi pour nos poumons et la qualité de notre sommeil. »

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