Publié le 26 décembre 2025 à 07h43. Les États-Unis ont affirmé avoir mené des frappes aériennes contre des positions de l’État islamique au Nigeria, une action qui intervient après des semaines de critiques du président Trump concernant la gestion de la sécurité dans ce pays et la protection des chrétiens.
- Les États-Unis ont mené des frappes aériennes en collaboration avec le gouvernement nigérian contre des militants de l’État islamique.
- L’opération a été déclenchée suite aux préoccupations exprimées par le président Trump concernant la persécution des chrétiens au Nigeria.
- Le groupe ciblé pourrait être Lakurawa, une faction de l’État islamique particulièrement active dans le nord-ouest du Nigeria.
Washington a annoncé avoir frappé des cibles liées à l’État islamique au Nigeria, une frappe qualifiée de « puissante et meurtrière » par le président Donald Trump. L’annonce, faite via les réseaux sociaux le soir de Noël, intervient après des semaines de pressions exercées par l’administration américaine sur le gouvernement nigérian, accusé de ne pas suffisamment protéger les populations chrétiennes face aux attaques de groupes extrémistes.
Selon un responsable du département américain de la Défense, qui a souhaité rester anonyme, ces frappes ont été menées en étroite collaboration avec les autorités nigérianes et ont bénéficié de leur approbation. Le ministère nigérian des Affaires étrangères a confirmé cette coopération, soulignant qu’elle s’inscrit dans un cadre de respect mutuel de la souveraineté et d’engagements partagés en matière de sécurité régionale et internationale. La coopération s’est traduite par un échange de renseignements et une coordination stratégique, comme le rapporte BreakingNews.ie.
Donald Trump a précisé que les frappes aériennes visaient des combattants de l’État islamique « qui ont ciblé et tué sauvagement, principalement des chrétiens innocents ». Il a également affirmé que les forces américaines avaient exécuté des opérations « parfaites, comme seuls les États-Unis sont capables de le faire », et a réaffirmé la détermination de son pays à lutter contre le terrorisme islamique radical.
« Le président a été clair le mois dernier : le meurtre de chrétiens innocents au Nigeria (et ailleurs) doit cesser. »
Pete Hegseth
La situation sécuritaire au Nigeria est complexe et multiforme. Le pays est confronté à plusieurs groupes armés, dont au moins deux affiliés à l’État islamique : la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, issue du groupe Boko Haram, active dans le nord-est, et le groupe Lakurawa, qui opère principalement dans les États du nord-ouest, comme Sokoto. Selon Malik Samuel, chercheur nigérian en sécurité chez Good Governance Africa, Lakurawa contrôle actuellement des territoires au Nigeria, notamment dans l’État de Sokoto et dans la région de Kebbi.
Les analystes estiment que le groupe Lakurawa, qui a intensifié ses attaques au cours de l’année écoulée, ciblant souvent des communautés isolées et les forces de sécurité, pourrait être la cible principale de ces frappes américaines. L’incursion de groupes extrémistes violents dans le nord-ouest nigérian est attribuée à la quasi-absence de l’État et des forces de sécurité dans les zones reculées.
Le gouvernement nigérian a précédemment souligné que les attaques de groupes extrémistes affectent des personnes de toutes confessions, et pas seulement les chrétiens. L’administration Trump avait par ailleurs ordonné au Pentagone de planifier une éventuelle action militaire au Nigeria afin de contrer la prétendue persécution des chrétiens. Récemment, les États-Unis ont également annoncé des restrictions de visa pour les Nigérians impliqués dans des meurtres de chrétiens et ont désigné le Nigeria comme un « pays particulièrement préoccupant » en matière de liberté religieuse.
Le Nigeria, avec ses 220 millions d’habitants, est divisé à parts presque égales entre chrétiens et musulmans. Outre la menace terroriste, le pays est confronté à des conflits liés à des motivations religieuses, à des affrontements entre agriculteurs et éleveurs, à des rivalités communautaires, à des mouvements sécessionnistes et à des tensions ethniques.
L’empreinte sécuritaire américaine en Afrique a diminué ces dernières années, avec une réduction ou une annulation de certains partenariats militaires. Toute intervention militaire à plus grande échelle au Nigeria nécessiterait probablement le déploiement de forces américaines provenant d’autres régions du monde.
À ne pas manquer
