Home MondeTrump menace d’intervenir en Iran sur fond de manifestations, et Larijani met en garde les nouvelles

Trump menace d’intervenir en Iran sur fond de manifestations, et Larijani met en garde les nouvelles

by Clara Dubois

Publié le 02 février 2026 à 10h40. Des manifestations se poursuivent en Iran, exacerbées par la dévaluation de la monnaie et la hausse des prix, tandis que le président américain Donald Trump menace d’intervenir si les manifestants pacifiques sont réprimés, suscitant une vive réaction de Téhéran.

  • Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis interviendraient pour « sauver » les manifestants iraniens en cas de répression violente.
  • Les autorités iraniennes ont rapporté plusieurs décès lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans différentes régions du pays.
  • Téhéran a fermement condamné les menaces de Trump, les qualifiant d’ingérence inacceptable dans les affaires intérieures iraniennes.

La situation en Iran reste tendue alors que des protestations éclatent dans plusieurs villes depuis plusieurs jours. Ces manifestations sont alimentées par une crise économique persistante, marquée par une forte dépréciation du rial iranien face au dollar et une augmentation généralisée des prix des biens de première nécessité. L’agence de presse Fars a fait état de cinq décès survenus lors de ces troubles, dont trois lors d’une attaque contre un commissariat de police dans la province du Lorestan, à l’ouest du pays, et deux autres lors d’émeutes dans le sud-ouest.

Donald Trump a exprimé son soutien aux manifestants sur sa plateforme Truth Social, affirmant que les États-Unis étaient « parfaitement préparés et prêts à partir » si l’Iran utilisait la force contre les protestataires pacifiques.

« Nous sommes parfaitement préparés et prêts à partir. »

Donald Trump, président américain

La réaction iranienne n’a pas tardé. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a averti que toute ingérence américaine dans les affaires intérieures iraniennes risquerait de déstabiliser la région et de porter atteinte aux intérêts de Washington.

« Le président américain doit comprendre qu’une ingérence dans une question interne iranienne semerait la confusion dans la région et porterait atteinte aux intérêts de Washington. »

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien

Il a également mis en garde contre les motivations de Trump, soulignant que le peuple américain devait se méfier de ses actions.

Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême iranien, a été encore plus ferme, qualifiant toute intervention américaine de « ligne rouge » qui entraînerait une réponse. Il a souligné que la sécurité nationale de l’Iran était une priorité absolue et que toute tentative d’ingérence serait contrée avec détermination.

« La sécurité nationale de l’Iran est une ligne rouge, et elle n’est pas un sujet de tweets imprudents. »

Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême iranien

Le président iranien Massoud Bazeshkian a, pour sa part, appelé à une analyse lucide des causes du mécontentement populaire, estimant que les problèmes économiques du pays étaient dus à une mauvaise gestion interne plutôt qu’à des facteurs extérieurs. Il a reconnu les « revendications légitimes » des manifestants et a exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour améliorer la situation économique.

« D’un point de vue islamique, si nous ne résolvons pas la question des moyens de subsistance du peuple, nous finirons en enfer. »

Massoud Bazeshkian, président iranien

Selon le directeur du bureau d’Al Jazeera à Téhéran, le gouvernement iranien s’efforce de maîtriser la situation en adoptant une stratégie d’endiguement. Des mesures ont déjà été prises, notamment la démission du gouverneur de la Banque centrale et des interventions sur le marché des changes pour stabiliser le rial.

Ces manifestations actuelles, bien que significatives, restent de moindre ampleur que les protestations généralisées qui ont secoué l’Iran fin 2022 après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée en détention. En 2019, des manifestations similaires, déclenchées par une forte hausse des prix de l’essence, avaient également éclaté dans une centaine de villes, faisant de nombreuses victimes.

epa12620982 Le président iranien Masoud Pezeshkian s'exprime à l'occasion du sixième anniversaire de la mort du commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), Qasem Soleimani, à Téhéran, en Iran, le 1er janvier 2026. Soleimani a été tué le 3 janvier 2020 lors d'une frappe aérienne américaine ciblée à l'aéroport de Bagdad en Irak. EPA/ABEDIN TAHERKENAREH
Le président iranien a refusé de rejeter la responsabilité des manifestations sur des acteurs extérieurs.

Vidéo sur les manifestations en Iran

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