Le détroit d’Ormuz est au cœur d’un vif désaccord entre Washington et Téhéran, après que le président américain Radio Canada a affirmé sur son réseau Truth Social que les États-Unis disposaient d’un contrôle « total » de ce passage stratégique et qu’ils allaient le « garder ». Face à cette revendication, les forces armées iraniennes ont immédiatement réagi en qualifiant ces déclarations de « mensonges » et d’inventions, selon les informations rapportées par La Presse.
Un bras de fer géopolitique autour du détroit d’Ormuz
Selon les autorités iraniennes, ce passage clé pour le commerce mondial de pétrole reste fermement sous la gestion de la République islamique. Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya, a ainsi affirmé qu’aucun navire commercial ou pétrolier n’avait eu ni n’aurait la possibilité de naviguer en toute sécurité sans l’autorisation des forces armées iraniennes. Un avis partagé par Hossein Taeb, chef des forces paramilitaires du Bassidj, qui a déclaré que le pays poursuit sa trajectoire en toute sécurité sous le contrôle de l’État, relayé par RTBF.
Verrouillage maritime et tensions économiques
Dans les faits, ce point de passage névralgique pour les hydrocarbures est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, tandis que les États-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens, ainsi que le détaille 20minutes. Téhéran exige des navires des autorisations formelles et souhaite imposer à terme des frais de service, une démarche à laquelle Washington s’oppose farouchement. Le député iranien Behnam Saeedi a également averti que les navires israéliens et les bâtiments militaires américains seraient interdits de passage dans le détroit, que ce soit en temps de guerre ou de paix.
Cette confrontation maritime intervient dans un climat d’hostilités ravivées depuis le début du mois de juillet, après l’éclatement du protocole d’accord conclu en juin qui visait à mettre durablement fin au conflit au Moyen-Orient. Si les frappes se sont par la suite atténuées, les versions divergent quant à la tenue de pourparlers : Donald Trump assure que des négociations sont en cours avec l’Iran, tandis que Téhéran dément tout dialogue direct avec Washington et affirme ne discuter qu’avec Oman d’un futur itinéraire pour franchir le détroit.
Enjeux stratégiques et perspectives de négociation
Le détroit d’Ormuz constitue une voie de communication internationale majeure pour le transport du pétrole et du gaz, par laquelle transitent des volumes considérables d’hydrocarbures. En raison des tensions, ce passage est en grande partie fermé à la navigation depuis des mois, impactant directement les marchés mondiaux.
- Contrôle revendiqué : Les États-Unis affirment détenir la maîtrise totale du détroit, une position rejetée par Téhéran.
- Voie diplomatique : L’Iran privilégie des échanges bilatéraux avec Oman concernant un itinéraire de transit, tout en excluant toute réouverture complète immédiate ou négociation avec Washington.
- Sécurité régionale : Les autorités iraniennes interdisent formellement l’accès au détroit aux navires militaires américains et israéliens.
Alors que la diplomatie américaine tente de composer avec ces revirements, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé les États-Unis de « mauvais calculs » stratégiques. De son côté, l’administration américaine adopte une approche plus attentiste, maintenant un climat d’incertitude sur la sécurisation future de cette artère énergétique essentielle.
À lire aussi