Publié le 29 septembre 2025 à 03h14. Une réunion d’urgence rassemblant les plus hauts gradés de l’armée américaine a été convoquée par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et sera exceptionnellement rejointe par l’ancien président Donald Trump, suscitant des interrogations sur les motivations et la sécurité de cet événement inhabituel.
- L’ancien président Trump assistera à une réunion de hauts responsables militaires à la base de Quantico, en Virginie.
- Cet événement, initialement prévu comme un discours de motivation du secrétaire à la Défense, soulève des préoccupations en matière de sécurité et de politisation de l’armée.
- Des centaines de généraux et d’amiraux ont été convoqués, entraînant des coûts logistiques importants et des interrogations sur les raisons de cette convocation soudaine.
L’annonce de la participation de Donald Trump à cette réunion de généraux et d’amiraux américains à Quantico, en Virginie, a pris de court les observateurs. Convoquée initialement par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, cette rencontre prend désormais une dimension politique inattendue. L’ancien président a présenté l’événement comme une simple occasion d’échanger avec les militaires et de les encourager.
« C’est vraiment juste une réunion très agréable où l’on parle de la qualité de l’armée, de l’importance d’être formidable, et de nombreuses autres choses bonnes et positives. C’est juste un message positif. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
La présence de Trump éclipse le discours prévu par Hegseth et pose de nouveaux défis en matière de sécurité, compte tenu de l’ampleur de l’événement et du déplacement de nombreux hauts gradés sur des milliers de kilomètres. Le Pentagone a d’ores et déjà indiqué que la décision de Trump modifiera considérablement le dispositif de sécurité prévu.
Les ordres de convocation, émis la semaine dernière, n’avaient pas initialement précisé l’objet de la réunion, ce qui a alimenté les spéculations. Certains responsables militaires craignaient que Hegseth ne souhaite annoncer des licenciements massifs ou des dégradations. L’événement intervient alors que l’administration américaine prépare une nouvelle stratégie de défense nationale, qui pourrait marquer un recentrage sur la défense du territoire et l’utilisation de l’armée sur le sol américain, au détriment d’une focalisation sur la Chine.
Selon le Washington Post, tous les généraux en poste de commandement ont reçu l’ordre de se rendre à Quantico pour écouter Hegseth exposer sa vision d’une « éthique guerrière » et les normes militaires. La participation de Trump pourrait toutefois modifier l’agenda et donner une tournure plus politique à cette rencontre.
L’organisation de cet événement soulève des questions quant à son coût. Le déplacement, l’hébergement et le transport de centaines de hauts gradés, venant parfois du Moyen-Orient, d’Europe ou de la région Indo-Pacifique, représentent une dépense considérable. De plus, la concentration de l’ensemble du commandement militaire au même endroit pose des problèmes de sécurité, notamment en raison de la fin d’un exercice militaire et de la possibilité d’une paralysie du gouvernement.
Hegseth a par ailleurs engagé une politique de réduction du nombre d’officiers généraux de 20 %, et a déjà mis à la retraite une vingtaine d’officiers, dont un nombre disproportionné de femmes. Il envisage également de revoir les postes des principaux généraux responsables des zones d’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Indo-Pacifique.
Samedi, Donald Trump a appelé sur son réseau social Truth Social à l’envoi de troupes à Portland, dans l’Oregon, qu’il a qualifié de “ville dévastée par la guerre”, autorisant l’armée à utiliser la “force totale” pour protéger les installations du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), qui ont été le théâtre de manifestations sporadiques. Il n’est pas clair si cette demande vise un déploiement de troupes fédérales ou l’activation de la Garde nationale de l’Oregon, mais toute intervention pourrait être contestée devant les tribunaux. La gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a déclaré qu’elle ne pensait pas que Trump ait le pouvoir de déployer des troupes fédérales sur le territoire de l’État et travaille avec le procureur général pour évaluer une éventuelle réponse.
Cette demande de déploiement intervient quelques jours après la signature d’un décret exécutif autorisant l’utilisation des capacités de l’ordre intérieur et de l’armée pour lutter contre le “terrorisme intérieur et la violence politique organisée”, un texte qui confère à l’administration de larges pouvoirs pour enquêter et poursuivre les opposants politiques.
© 2025, The Washington Post.
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