Home MondeTrump Wrath se profile sur l’accord secrète de l’huile d’armes du Vietnam-Russie

Trump Wrath se profile sur l’accord secrète de l’huile d’armes du Vietnam-Russie

by Clara Dubois

Le Vietnam et la Russie ont secrètement mis en place un mécanisme de paiement détourné pour leurs accords d’armement, utilisant les bénéfices d’une entreprise pétrolière et gazière commune en Sibérie pour contourner le système bancaire mondial et potentiellement échapper aux sanctions américaines et occidentales, selon un rapport exclusif d’Associated Press citant des documents internes vietnamiens.

Ce programme, désormais révélé, expose le Vietnam à des risques considérables si Washington décide d’agir, notamment par l’imposition de tarifs punitifs sur les biens vietnamiens. Le Vietnam a acquis des avions de chasse, des chars et des navires de guerre en Russie à crédit, puis a remboursé ces dettes grâce aux revenus de la coentreprise Rusvietpetro en Sibérie, indique le rapport.

Les fonds ont circulé exclusivement entre le Vietnam et la Russie, évitant ainsi le système de messagerie SWIFT. Petrovietnam (PVN) a qualifié cette méthode de « confidentielle et appropriée » dans le contexte de l’exclusion de la Russie des réseaux financiers mondiaux en représailles à son invasion de l’Ukraine.

Les États-Unis ont déjà sanctionné des pays continuant à acheter du pétrole et des armes russes, comme en témoignent les tarifs de 50 % récemment imposés à l’Inde. En vertu de la loi américaine visant à contrer les adversaires des États-Unis par le biais de sanctions (CAATSA), Washington dispose de l’autorité nécessaire pour pénaliser tout État collaborant avec l’industrie de la défense russe.

Ce mécanisme pétrole contre armes sape directement la stratégie de sanctions américaine et place potentiellement Hanoi sur la ligne de mire punitive de Washington. Les risques pour le Vietnam incluent :

  • Sanctions secondaires sur l’énergie et la finance : PVN et d’autres entreprises publiques pourraient être inscrites sur une liste noire, perdant ainsi l’accès aux dollars américains et aux marchés des capitaux occidentaux.
  • Perturbations des exportations : Les États-Unis constituent le plus grand marché d’exportation du Vietnam. Des restrictions pourraient dévaster les industries du textile, de l’électronique et des fruits de mer.
  • Fuite des investisseurs : Les investisseurs américains et européens pourraient geler ou retirer leurs capitaux, compromettant les efforts du Vietnam pour s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement de haute technologie.
  • Défense et conséquences diplomatiques : Depuis 2016, les États-Unis fournissent des équipements de défense au Vietnam. Les sanctions pourraient mettre fin à cette coopération, affaiblissant ainsi l’influence de Hanoi face à la Chine.
  • Atteinte à la réputation : Être désigné comme un contrevenant aux sanctions pourrait nuire à la crédibilité du Vietnam en tant que partenaire fiable dans la région Indo-Pacifique.

Les dirigeants vietnamiens ont longtemps vanté leur « diplomatie en bambou », la décrivant comme résiliente et flexible, capable de se plier aux vents géopolitiques sans se briser.

Cependant, dans un contexte où les relations internationales sont perçues comme transactionnelles, comme sous l’administration Trump, ces accords secrets pourraient non seulement entraîner des sanctions économiques, mais aussi une méfiance stratégique. Dans un tel climat, le bambou pourrait ne plus symboliser un équilibre habile, mais une indécision dangereuse.

Depuis des années, le Vietnam s’engage à entrer dans une « nouvelle ère » axée sur la croissance économique et une intégration plus profonde dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Si cette priorité est réelle, la diplomatie doit démontrer que le « bambou » n’est pas qu’un slogan, mais une stratégie pour protéger l’accès aux marchés américains et européens essentiels.

Dans le contexte géostratégique et géo-économique actuel, les demi-mesures et la dissimulation pourraient ne plus suffire.

Alternativement, Hanoi pourrait se tourner davantage vers le bloc émergent Chine-Russie-Corée du Nord au nom de la multipolarité. Mais l’histoire avant 1986 rappelle les pénuries, le rationnement, la dépendance à l’aide et les slogans creux de « progrès rapide » qui ont conduit à la stagnation. Une fois de plus, la « camaraderie » pourrait se transformer en carcan.

Alors que le secrétaire général du Parti communiste vietnamien déclare l’entrée du pays dans « une nouvelle ère », les coûts de chaque voie sont considérables :

  • Privilégier l’économie implique de réduire progressivement la dépendance à la Russie pour protéger le marché américain.
  • Adopter « l’axe de la camaraderie » signifie reconnaître aux élites et aux citoyens la probabilité de difficultés accrues et d’opportunités remises en question.

Si Washington applique CAATSA ou étend les sanctions aux partenaires de défense de la Russie, le Vietnam pourrait subir de graves conséquences économiques, diplomatiques et stratégiques. Le programme pétrole contre armes a peut-être offert une couverture temporaire, mais sa révélation risque de transformer la « diplomatie en bambou » de Hanoi en un passif.

Si le bambou n’est pas résilient, il pourrait se briser dans la tempête – et le coût ne serait pas seulement économique, mais affecterait également la position internationale du Vietnam.

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