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Tunisie: une Suissesse à la retraite réclame 500 CHF par mois

by Amélie Bernard

Publié le 6 octobre 2025 à 07h00. Une retraitée suisse a vu sa demande d’aide financière mensuelle de 500 francs pour vivre en Tunisie rejetée par le Tribunal administratif fédéral, qui estime que ses dépenses ne sont pas justifiées.

  • Une septuagénaire suisse demandait une allocation mensuelle de 500 francs pour subvenir à ses besoins en Tunisie.
  • La Direction consulaire suisse a refusé cette aide, estimant que le train de vie de la retraitée n’était pas compatible avec une assistance sociale.
  • Le Tribunal administratif fédéral a confirmé cette décision, soulignant une gestion budgétaire déficiente et l’absence d’intégration en Tunisie.

L’illusion d’une retraite paisible et abordable au Maghreb peut parfois se heurter à la réalité. C’est l’expérience amère d’une ressortissante suisse, dont le cas a été récemment examiné par le Tribunal administratif fédéral (TAF). En 2017, cette femme, que nous appellerons Emma, décide de quitter la Suisse pour s’installer en Tunisie, espérant profiter d’un coût de la vie plus faible.

Mais rapidement, les difficultés s’accumulent. Emma doit faire face à des problèmes de santé récurrents – arthrose, bronchite, cataracte, herpès oculaire – et se retrouve sans assurance maladie. Elle affirme devoir payer des frais médicaux plus élevés que les Tunisiens, en tant qu’étrangère.

En 2023, elle sollicite l’aide de la Confédération, plus précisément de la Direction consulaire du Département fédéral des affaires étrangères, en demandant une allocation mensuelle de 500 francs pour continuer à vivre en Tunisie.

Aide sociale : une demande non justifiée

La réponse de la Direction consulaire et de l’Aide sociale aux Suisses de l’étranger est sans appel : sa demande est rejetée. Les autorités constatent qu’Emma occupe une villa, emploie un jardinier et ne gère pas son budget de manière responsable. Elles lui conseillent de trouver un logement plus modeste.

La Direction consulaire souligne également le manque d’intégration d’Emma en Tunisie : elle n’a pas de famille sur place, ne parle pas l’arabe et ne dispose plus d’un titre de séjour valide. La Confédération lui recommande donc de rentrer en Suisse si ses difficultés financières persistent.

Quatre animaux de compagnie à charge

Emma ne se résigne pas et fait appel devant le Tribunal administratif fédéral. Elle explique avoir trouvé une location moins chère et avoir renouvelé son permis de séjour tunisien. Elle justifie également ses dépenses par la présence de trois chats et d’un chien, «qui lui coûtent cher», mais qu’elle refuse d’abandonner.

Elle interroge également les juges sur la possibilité d’une aide pour financer une opération de la cataracte en Suisse, reconnaissant qu’elle devrait souscrire une assurance maladie, mais qu’elle n’a pas trouvé d’offre satisfaisante. Elle admet être partie en Tunisie dans l’espoir d’une vie meilleure qu’en Suisse, mais reconnaît que, compte tenu de sa modeste pension AVS, ce n’est pas le cas.

Une vie en Tunisie : possible, mais sous conditions

Que répondent les juges à Emma, aujourd’hui âgée de 77 ans ? Ils constatent qu’au moment de sa demande, la septuagénaire louait une maison avec piscine, située dans un endroit mal desservi par les transports en commun, l’obligeant à prendre un taxi pour ses déplacements. Ils critiquent le coût élevé de la location, des services de jardinage et de l’entretien de la piscine, ainsi que les dépenses liées à ses animaux de compagnie, qui ne sont pas considérées comme des besoins essentiels.

Les juges soulignent également que, comme l’a démontré la Direction consulaire, la pension d’Emma serait suffisante pour vivre en Tunisie si elle gérait mieux son budget. Elle pourrait souscrire une assurance maladie à un coût d’environ 250 euros (valeur d’origine conservée) avec une franchise de 50 euros, soit un total de 1017 dinars, ce qui lui permettrait d’éviter des dépenses médicales excessives.

Un retour en Suisse envisagé

Le TAF relève l’absence de liens familiaux en Tunisie et les problèmes de santé persistants d’Emma. Il lui suggère donc de rentrer en Suisse, où elle pourrait bénéficier de l’assurance maladie de base. Un retour d’autant plus envisageable qu’Emma a pris conscience que sa vie en Tunisie n’est pas meilleure qu’en Suisse.

Le TAF rejette donc le recours d’Emma, mais, «compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire et de sa situation financière», elle est dispensée des frais de procédure habituels.

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