Publié le 18 décembre 2025 à 13h20. Les dirigeants européens sont confrontés à un choix crucial : débloquer un financement de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine en utilisant les avoirs russes gelés, ou prendre le risque de voir le pays succomber face à l’offensive russe.
- L’Union européenne débat d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, financé par les avoirs russes gelés.
- La Belgique s’oppose au projet, exigeant des garanties totales contre les risques juridiques et financiers.
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk exhorte les dirigeants européens à prendre des décisions difficiles pour soutenir l’Ukraine.
Un sommet européen crucial se tient à Bruxelles, où les chefs d’État et de gouvernement doivent décider de l’avenir de l’aide financière à l’Ukraine. La proposition sur la table consiste à utiliser les intérêts générés par les 260 milliards d’euros d’actifs russes immobilisés au sein de l’Union européenne depuis le début de la guerre en Ukraine. Ce mécanisme, considéré comme la solution la plus viable pour éviter une crise financière ukrainienne d’ici le milieu de l’année prochaine, permettrait de maintenir le soutien militaire et économique à Kiev face à la progression des forces russes.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a lancé un appel pressant à ses homologues européens.
« Le choix est simple : l’argent aujourd’hui ou le sang demain. Je ne parle pas seulement de l’Ukraine, je parle de l’Europe. Tous les dirigeants européens doivent se montrer à la hauteur de cette occasion. »
Donald Tusk, Premier ministre polonais
Il souligne l’urgence de la situation et les conséquences potentielles d’un manque d’action.
Le plan envisagé repose sur un prêt garanti par les avoirs de la Banque centrale russe gelés dans les institutions financières européennes, suite aux sanctions économiques imposées à Moscou. En cas de paix, ces fonds seraient restitués à la Russie si elle acceptait d’indemniser l’Ukraine pour les dommages causés par l’invasion. Cependant, la Belgique se montre réticente. Le gouvernement belge demande des garanties “illimitées” de la part des autres États membres pour couvrir tous les coûts liés aux risques juridiques ou aux éventuelles représailles financières de la Russie.
António Costa, président du Conseil européen et ancien Premier ministre portugais, a insisté sur la nécessité de renforcer la position de l’Ukraine dans les futures négociations de paix.
« Nous ne quitterons pas Bruxelles sans avoir trouvé un accord sur un plan d’aide financière pour l’Ukraine. »
António Costa, Président du Conseil européen
Parallèlement, des sources indiquent que l’administration américaine, sous l’ère Trump, exercerait des pressions discrètes sur certains gouvernements européens. Un ancien projet de plan de paix, élaboré conjointement par des responsables américains et russes, envisageait déjà l’utilisation des avoirs gelés comme levier dans les discussions sur un cessez-le-feu, Moscou souhaitant leur restitution comme condition préalable à toute trêve.
Bien que l’approbation du prêt ne nécessite qu’une majorité qualifiée des États membres, et non l’unanimité, plusieurs dirigeants estiment que l’opposition belge pourrait bloquer sa mise en œuvre. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu’il ne voyait pas d’alternative viable à l’utilisation des actifs russes bloqués en Europe. À l’inverse, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a averti que le financement de l’Ukraine par ces avoirs équivaudrait à une entrée de l’Europe dans la guerre.
La Première ministre estonienne, Kristen Michal, a souligné que l’Ukraine était en guerre et confrontée à des risques bien plus importants que ceux qui préoccupaient la Belgique.
« C’est l’agresseur qui doit payer les dommages causés, et non les contribuables européens. »
Kristen Michal, Première ministre estonienne
Le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, a souligné la complexité juridique de l’opération, rappelant qu’il s’agissait d’une première.
« Si nous prenons une décision européenne qui affecte un État membre, nous devons partager le risque. Nous ne savons pas comment la Russie pourrait réagir. »
Luc Frieden, Premier ministre luxembourgeois
S’exprimant à Bruxelles, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rappelé que son pays était en guerre et confronté à des menaces bien plus immédiates que les préoccupations exprimées par la Belgique.
Des discussions diplomatiques intenses se poursuivent à Bruxelles, visant à offrir à la Belgique des assurances solides quant à la prise en charge conjointe par les États membres de tous les coûts juridiques ou financiers potentiels liés au prêt.
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