Home NouvellesLa dispute sur le hijab de Nitish s’intensifie : Giriraj Singh dit que les femmes peuvent « aller en enfer », la clameur d’excuses grandit

La dispute sur le hijab de Nitish s’intensifie : Giriraj Singh dit que les femmes peuvent « aller en enfer », la clameur d’excuses grandit

by Nicolas Lefèvre

Publié le 19 décembre 2025 à 06h45 heure locale. Une controverse enfle au Bihar après que le ministre en chef, Nitish Kumar, a retiré le voile d’une femme musulmane lors d’une cérémonie officielle, suscitant une vive indignation et des réactions politiques contrastées.

  • Le ministre en chef du Bihar, Nitish Kumar, est accusé de manque de respect envers les traditions musulmanes après avoir retiré le voile d’une femme lors d’une cérémonie.
  • Des ministres du gouvernement central se sont exprimés de manière divergente sur l’incident, certains le défendant et d’autres cherchant à apaiser les tensions.
  • L’incident a provoqué une vague de critiques, tant au niveau national qu’international, et a relancé le débat sur la liberté religieuse et le respect des traditions.

L’incident s’est produit lundi au secrétariat du ministre en chef à Patna, lors d’une cérémonie de remise de lettres de nomination à des médecins d’Ayush. Selon des témoins, Nitish Kumar a aperçu le « niqab » (voile facial) de la femme et lui aurait demandé ce que c’était avant de le retirer. Une vidéo de l’incident a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant une vive polémique.

L’opposition a immédiatement réclamé des excuses publiques et inconditionnelles de la part de M. Kumar. D’autres personnalités ont exprimé leur consternation face à cet acte perçu comme une atteinte à la dignité et à la liberté religieuse. Cependant, le ministre de l’Union, Giriraj Singh, a pris parti pour le ministre en chef, estimant que la femme aurait dû refuser la nomination si elle ne souhaitait pas montrer son visage. Il a même affirmé qu’elle aurait pu « aller en enfer » si elle avait choisi cette option.

« Si quelqu’un veut récupérer une lettre de rendez-vous, ne devrait-il pas montrer son visage ? S’agit-il d’un pays islamique ? Nitish Kumar a agi en tant que tuteur. »

Giriraj Singh, ministre de l’Union

M. Singh a également comparé la situation à celle de l’obtention d’un passeport ou du passage à l’aéroport, où l’identification visuelle est requise, insistant sur le fait que l’Inde est un État de droit. Il a réitéré son soutien à M. Kumar, affirmant qu’il avait agi correctement.

Le ministre de la Santé du Bihar, Mangal Pandey, a tenté de minimiser la controverse, soulignant que le gouvernement de l’Alliance nationale démocratique (NDA) s’était toujours engagé en faveur de l’autonomisation des femmes. Il a affirmé que M. Kumar avait toujours respecté les femmes et avait déployé des efforts considérables pour promouvoir le « Matri Shakti » (pouvoir féminin).

Un autre ministre, Sanjay Nishad, avait initialement soulevé des questions sur les conséquences d’un éventuel contact physique avec la femme, suscitant une vague de critiques pour ses propos jugés grossiers et misogynes. Il a ensuite tenté de se justifier en affirmant que son propos avait été mal interprété.

L’incident a également suscité des réactions au-delà des frontières indiennes, notamment dans plusieurs pays d’Asie occidentale, où il a été perçu comme un manque de respect envers les traditions musulmanes et comme une manifestation d’une prétendue « agenda RSS » (Rashtriya Swayamsevak Sangh, une organisation nationaliste hindoue).

Des figures de l’opposition, comme Tariq Anwar, député du Congrès, ont vivement critiqué M. Kumar et M. Singh, dénonçant leur « mentalité bon marché » et leur incapacité à comprendre le caractère laïc de l’Inde. Fauzia Khan, députée du Samajwadi Party (SP), a également condamné l’incident, soulignant que le retrait du voile équivalait à déshabiller une femme et que M. Kumar aurait dû présenter des excuses publiques.

« Il est très triste que des personnes responsables commettent de tels actes, cela enverra un mauvais message au monde. C’est une décision personnelle d’une femme quant à la façon dont elle se couvre et retirer le voile équivaut à déshabiller une femme. »

Fauzia Khan, députée du PCN (SP)

Iltija Mufti, chef du Parti démocratique du peuple (PDP), a également exprimé son indignation sur X (anciennement Twitter), lançant une attaque virulente contre M. Singh. Imran Masood, député du Congrès, a quant à lui suggéré que M. Singh avait besoin d’un traitement psychiatrique.

L’écrivain et parolier Javed Akhtar a également exprimé son désaccord, tout en réaffirmant son opposition au port du voile. Il a toutefois estimé que l’acte de M. Kumar était inacceptable et a exigé des excuses inconditionnelles. Voir son article sur The Hindu.

Amnesty International a publié une déclaration condamnant l’incident, le qualifiant d’« atteinte à la dignité, à l’autonomie et à l’identité de cette femme » et soulignant que de telles actions normalisent la discrimination et érodent les fondements de l’égalité et de la liberté de religion.

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