Publié le 8 octobre 2025 à 21h01. Ubisoft a annulé le développement d’un nouvel opus d’Assassin’s Creed se déroulant dans l’ère de la Reconstruction américaine, craignant une controverse liée à la représentation de thèmes sensibles comme l’esclavage et la montée du Ku Klux Klan.
- Ubisoft a renoncé à un Assassin’s Creed ambitieux se déroulant dans le sud des États-Unis après la guerre de Sécession.
- Le jeu devait mettre en scène un protagoniste noir, ancien esclave, rejoignant les Assassins pour lutter contre l’injustice.
- La décision d’annulation est motivée par la crainte de réactions négatives sur les réseaux sociaux et un climat politique tendu aux États-Unis.
L’industrie du jeu vidéo est souvent perçue comme un terrain de prise de risques, mais la réalité montre que des centaines de projets sont abandonnés avant même d’atteindre le marché, potentiellement modifiant le cours de franchises entières. Récemment, le géant français Ubisoft a pris une décision radicale concernant un Assassin’s Creed en développement.
Selon des informations révélées par le journaliste Stephen Totilo de Game File, confirmées par des sources internes, Ubisoft a mis fin au développement d’un nouvel épisode d’Assassin’s Creed qui se serait déroulé pendant l’ère de la Reconstruction (années 1860 et 1870). Cette période, suivant la guerre de Sécession, est marquée par des tensions raciales et des luttes pour les droits civiques.
Le jeu devait raconter l’histoire d’un homme noir, ayant vécu l’esclavage dans le sud des États-Unis, qui se lance à la recherche d’une nouvelle vie vers l’ouest avant d’être recruté par l’Ordre des Assassins. Il aurait ensuite été ramené dans le sud pour combattre pour la justice, confrontant directement l’émergence du Ku Klux Klan. L’annulation ne résulte pas de problèmes techniques ou d’un manque d’ambition créative.
La crainte de la polémique a eu raison du projet
D’après les informations de Stephen Totilo, deux facteurs principaux ont conduit à cette décision : la réaction négative observée sur les réseaux sociaux suite à la présentation du personnage de Yasuke, le samouraï noir du prochain Assassin’s Creed Shadows (plus d’informations sur Assassin’s Creed Shadows), et l’inquiétude face au climat politique de plus en plus polarisé aux États-Unis. La direction d’Ubisoft Paris aurait estimé que le jeu était “trop politique dans un pays trop instable”.
Ce projet, connu en interne sous le nom de Projet Écarlate, était considéré comme le prochain RPG majeur de la franchise, avec une sortie initialement prévue pour 2028, et plus précisément en octobre 2027, selon Insider Gaming.
Le développement était confié à Ubisoft Québec, et les équipes travaillant sur le projet étaient enthousiastes, considérant ce jeu comme une suite spirituelle à Assassin’s Creed 3, se déroulant pendant la guerre de Sécession. Scott Philips, ayant déjà travaillé sur Assassin’s Creed Syndicate et Odyssey, était pressenti pour la réalisation.
La « controverse » autour de Yasuke
L’annulation de cet Assassin’s Creed a suscité un débat au sein de l’industrie, beaucoup y voyant une occasion manquée d’explorer un récit mature et pertinent, capable d’aborder des questions historiques complexes. L’inclusion de Yasuke, un samouraï noir ayant réellement existé au XVIe siècle, a provoqué des discussions animées sur les réseaux sociaux dès son annonce.
Ubisoft s’est d’ailleurs excusée auprès des internautes japonais, tandis que certains remettaient en question le statut historique de Yasuke en tant que “samouraï”, estimant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves concluantes pour confirmer cette affirmation. D’autres joueurs ont salué cette initiative comme une opportunité d’explorer le Japon féodal sous un angle différent, rappelant qu’il s’agit avant tout d’un jeu vidéo de fiction historique.
La polémique a même atteint un point tel que le PDG d’Ubisoft a dû défendre ses employés après avoir reçu des menaces de mort de la part d’utilisateurs hostiles (plus d’informations sur la réaction du PDG). Ubisoft a réaffirmé son soutien à l’inclusion de Yasuke, citant les conseils d’historiens et les travaux de documentation, mais ces explications n’ont pas suffi à apaiser toutes les critiques.
