Publié le 23 novembre 2023 08h04. Des sénateurs américains mettent en doute un projet de paix pour l’Ukraine, affirmant qu’il reflète les intérêts russes et n’émane pas de l’administration américaine, ce que le secrétaire d’État Antony Blinken a fermement démenti.
- Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a défendu un projet de paix pour l’Ukraine, assurant qu’il a été rédigé par les États-Unis, malgré les allégations contraires de plusieurs sénateurs.
- Ces sénateurs affirment que le plan, présenté comme une base de négociation, correspond davantage à une “liste de souhaits” russe qu’à une proposition américaine officielle.
- L’administration Trump, par l’intermédiaire de son envoyé spécial Steve Witkoff, est impliquée dans des discussions à Genève pour tenter de faire avancer ce projet.
La controverse autour de ce plan de paix, qui comprend des concessions territoriales à la Russie et la renonciation de l’Ukraine à son ambition d’intégrer l’OTAN, s’intensifie. Trois sénateurs américains – le républicain Mike Rounds, l’indépendant Angus King et la démocrate Jeanne Shaheen – ont publiquement exprimé leurs doutes, affirmant que le sénateur Marco Rubio leur avait révélé que le document n’était pas une initiative américaine.
Selon leurs témoignages, recueillis lors d’un forum sur la sécurité à Halifax, au Canada, Rubio leur aurait précisé que ce n’était « pas le plan du gouvernement » mais plutôt une « liste de souhaits russes ». Mike Rounds a confirmé que Rubio avait souligné que le document n’était pas une recommandation de l’administration et qu’il était envisagé comme un simple point de départ pour des négociations. Il a même suggéré que le texte semblait initialement rédigé en russe.
Antony Blinken a réagi avec fermeté sur le réseau social X, contestant ces affirmations. Il a insisté sur le fait que la proposition de paix avait été élaborée par les États-Unis et qu’elle constituait « un cadre de négociation solide », s’appuyant sur des éléments fournis par la Russie, mais aussi sur des contributions de l’Ukraine.
Le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a également qualifié les déclarations des sénateurs de « complètement fausses ». Les sénateurs en question craignent que ce plan ne récompense l’agression russe et n’envoie un signal négatif aux autres pays qui pourraient être tentés de menacer leurs voisins. Angus King a déclaré lors d’une table ronde à Halifax : « Cela récompense l’agression, purement et simplement. Il n’y a aucune justification éthique, juridique, morale ou politique pour que la Russie revendique l’est de l’Ukraine. »
Le président russe Vladimir Poutine a salué la proposition vendredi soir, estimant qu’elle « pourrait constituer la base d’un accord de paix définitif » si les États-Unis parvenaient à obtenir l’accord de l’Ukraine et de ses alliés européens. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas rejeté catégoriquement le projet, mais a insisté sur la nécessité d’un traitement équitable et a promis de « travailler calmement » avec Washington et ses partenaires dans ce qu’il a qualifié de « l’un des moments les plus difficiles » de l’histoire de son pays.
Donald Trump a donné à Zelensky un délai jusqu’au 27 novembre pour répondre aux propositions, mais a refusé de préciser si ce plan représentait sa « dernière offre » lorsqu’il a été interrogé à ce sujet samedi. Il a simplement déclaré : « Nous essayons de mettre un terme à cela. D’une manière ou d’une autre, nous devons y mettre un terme. »
Le sénateur Rubio est attendu aujourd’hui à Genève, accompagné de l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, pour des discussions avec les représentants ukrainiens et européens concernant ce plan américain en 28 points, qui vise à mettre fin à près de quatre ans de conflit déclenché par l’invasion russe.
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