Home AffairesUn agriculteur du Dorset demande : est-ce que cela vaut une semaine de 90 heures ?

Un agriculteur du Dorset demande : est-ce que cela vaut une semaine de 90 heures ?

by Amélie Bernard

Publié le 16 octobre 2025 à 14h31. Les producteurs laitiers britanniques sont confrontés à une crise double, marquée par une chute brutale des prix et les conséquences d’un été exceptionnellement sec qui a affecté les pâturages.

  • La baisse de 6 pence (environ 7 centimes d’euro) par litre de lait représente une perte de 9 000 £ (environ 10 500 €) par mois pour une exploitation familiale comme celle de Jack Emery.
  • Les agriculteurs ont dû recourir à l’ensilage d’hiver pour nourrir leur bétail en raison du manque d’herbe fraîche.
  • Le nombre de producteurs laitiers au Royaume-Uni a chuté de manière significative ces dernières décennies, passant de 23 000 en 2000 à environ 7 000 aujourd’hui.

Jack Emery, un jeune éleveur laitier de Eastleigh, dans le Hampshire, témoigne d’une situation alarmante. Sa ferme familiale, comme beaucoup d’autres, a reçu une notification de son fournisseur annonçant un surplus de deux millions de litres de lait au niveau national. Il explique que sa ferme produit quotidiennement 5 000 litres, vendus à 44 pence (environ 52 centimes d’euro) le litre, alors que les coûts de production s’élèvent à un peu moins de 40 pence (environ 47 centimes d’euro) le litre.

« La marge n’est pas fantastique », confie-t-il, ajoutant que cette réduction de 6 pence « risque de nous placer en dessous du seuil de rentabilité ». Il estime que cette baisse représente une perte de plus de 100 000 £ (environ 117 000 €) par an pour son exploitation, aggravant les difficultés liées à l’approvisionnement en fourrage.

« Vous avez déployé tous ces efforts, cela vous amène à vous demander si cela vaut la peine de se lever à 4 heures du matin sous la pluie ? »

Jack Emery, producteur laitier

Ian Baggs, membre du conseil d’administration de la National Farmers’ Union South et producteur laitier du Dorset, souligne la fragilité du secteur. Il décrit une industrie « difficile » où les éleveurs laitiers sont en voie de devenir une « espèce en voie de disparition ». M. Baggs, qui exploite une ferme laitière familiale depuis quatre générations sur l’île de Purbeck, explique que les producteurs sont vulnérables aux fluctuations du marché.

« Il faut se serrer la ceinture. C’est une industrie difficile. L’année dernière a été meilleure, mais le marché est volatil et nous aimerions voir un peu plus de stabilité. »

Ian Baggs, National Farmers’ Union South

Les chiffres sont sans appel : en 2000, le Royaume-Uni comptait 23 000 producteurs laitiers, un nombre qui est tombé à 8 500 en 2020 et à seulement 7 000 aujourd’hui. Cette tendance alarmante met en lumière les défis croissants auxquels est confronté le secteur laitier britannique.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.