Home Santé« Un diagnostic précoce et des médicaments ne peuvent pas arrêter la croissance de la démence » — PW

« Un diagnostic précoce et des médicaments ne peuvent pas arrêter la croissance de la démence » — PW

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 13:55:00. Face à l’augmentation prévisible du nombre de personnes atteintes de démence aux Pays-Bas, le Conseil de la santé recommande de concentrer les efforts sur la prévention des facteurs de risque plutôt que sur des diagnostics précoces dont l’efficacité thérapeutique reste limitée.

  • Les tests de dépistage précoce de la démence, basés sur des biomarqueurs, ne sont pas suffisamment fiables pour une utilisation généralisée en première intention.
  • Les traitements médicamenteux actuels contre la maladie d’Alzheimer présentent une efficacité limitée et des effets secondaires potentiellement graves.
  • La prévention, en agissant sur des facteurs comme l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et l’obésité, est privilégiée pour réduire le risque de démence.

Le Conseil de la santé (Gezondheidsraad) a rendu un avis au ministre de la Santé, du Bien-être et des Sports (VWS) concernant la lutte contre la démence, une maladie qui touche déjà plus de 290 000 personnes aux Pays-Bas. Ce chiffre devrait augmenter considérablement dans les années à venir en raison du vieillissement de la population. Le ministre avait sollicité l’avis du Conseil pour déterminer les mesures à prendre face à cette évolution démographique.

L’avis souligne que les méthodes actuelles de diagnostic précoce, notamment les tests de biomarqueurs, ne sont pas suffisamment performantes pour être déployées à grande échelle en soins primaires. Ces tests peuvent identifier des anomalies dans le cerveau, le liquide céphalo-rachidien et le sang, mais leur valeur diagnostique et prédictive reste limitée. De plus, aucun traitement capable d’arrêter ou de ralentir significativement la progression de la maladie n’est actuellement disponible en cas de diagnostic précoce.

Concernant les traitements médicamenteux existants pour la maladie d’Alzheimer, le comité d’experts relève qu’ils ne montrent qu’un effet modeste sur la vitesse de déclin cognitif, tout en présentant un risque d’effets secondaires importants et un coût élevé. De plus, l’accès à ces médicaments est restreint : la majorité des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ne répondent pas aux critères d’éligibilité.

La prévention au cœur des recommandations

Le Conseil de la santé insiste sur l’importance de la prévention comme stratégie principale. De nombreux facteurs de risque de démence sont identifiés dans la littérature scientifique, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et l’obésité. L’avantage de cibler ces facteurs est qu’intervenir sur eux a des effets bénéfiques prouvés non seulement sur le risque de démence, mais aussi sur les maladies cardiovasculaires, le cancer, la mortalité globale et la qualité de vie.

Le comité recommande donc de renforcer les mesures de prévention déjà existantes, visant à réduire ces facteurs de risque. Une attention particulière doit être portée à l’hypertension artérielle, car des études solides démontrent qu’une baisse de la tension artérielle réduit significativement le risque de développer une démence.

Enfin, le Conseil de la santé souligne la nécessité d’adapter les stratégies de prévention aux populations spécifiques, notamment les personnes issues de l’immigration, pour lesquelles les facteurs de risque peuvent être plus fréquents. Les messages de prévention doivent être traduits dans les langues appropriées, tenir compte des différences culturelles et des niveaux de connaissance sur la démence au sein de ces communautés.

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