Publié le 6 novembre 2025. Malgré un ralentissement de la croissance, la région Asie-Pacifique conserve un potentiel économique considérable, à condition que les pays renforcent leur coopération pour surmonter les défis mondiaux et stimuler la transformation numérique et le développement durable.
- La région Asie-Pacifique reste un moteur essentiel de la croissance économique mondiale, mais est confrontée à des vents contraires tels que la hausse des taux d’intérêt et les tensions géopolitiques.
- Une coopération régionale accrue est nécessaire pour réduire les barrières commerciales non tarifaires, élargir l’accès aux marchés et promouvoir la transition vers une économie numérique et verte.
- L’Indonésie, malgré les pressions extérieures, affiche une résilience économique grâce à une forte consommation intérieure et des opportunités dans les secteurs numériques et verts.
La région Asie-Pacifique a joué un rôle déterminant dans la croissance économique mondiale au cours des trois dernières décennies, grâce à une libéralisation du commerce, une intégration accrue des chaînes d’approvisionnement et des avancées technologiques rapides. Cependant, cette dynamique est aujourd’hui mise à l’épreuve par un contexte international complexe, marqué par la hausse des taux d’intérêt, les mesures protectionnistes et les tensions géopolitiques qui perturbent les flux commerciaux.
Christina Ruth Elisabeth, maître de conférences à la Faculté d’économie et de commerce de l’Université d’Indonésie, souligne la nécessité d’une adaptation et d’une coopération renforcée. Elle explique :
« La région Asie-Pacifique dispose encore d’un fort potentiel de croissance à long terme. Ce qu’il faut maintenant, c’est une coopération régionale plus forte pour réduire les barrières non tarifaires, élargir l’accès au marché et promouvoir la transformation numérique, les énergies renouvelables et le commerce durable. »
Christina Ruth Elisabeth, maître de conférences à la Faculté d’économie et de commerce de l’Université d’Indonésie
L’économie indonésienne, selon Elisabeth, a démontré une résilience notable face aux pressions mondiales. La consommation intérieure reste solide, l’inflation est maîtrisée et de nouvelles opportunités se dessinent dans les secteurs numériques et verts. Néanmoins, des défis persistent, notamment l’attraction d’investissements de haute qualité, l’amélioration des infrastructures et la gestion des impacts des fluctuations du commerce mondial et des flux de capitaux.
Dans l’ensemble de la région, la croissance économique ralentit, et des défis démographiques tels que le vieillissement de la population, ainsi qu’un ralentissement de la productivité, viennent s’ajouter aux difficultés liées aux transitions numérique et écologique. Elisabeth insiste sur le fait que l’Asie-Pacifique doit investir dans la productivité, l’innovation et une croissance verte inclusive pour assurer ses « 30 prochaines années d’or ».
Le thème de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) de cette année, « Construire un avenir durable : se connecter, innover, prospérer », reflète cette vision. Elisabeth estime que ce message est particulièrement pertinent dans un contexte mondial marqué par une tendance à la démondialisation et au protectionnisme.
Pour atteindre cet objectif, la région doit renforcer l’intégration des chaînes d’approvisionnement, étendre la connectivité numérique et maintenir des politiques commerciales ouvertes, même en période de fragmentation mondiale. Cela implique des investissements dans les infrastructures durables, les énergies renouvelables et la recherche, ainsi qu’un soutien aux petites et moyennes entreprises pour favoriser un développement inclusif.
La Chine, selon Elisabeth, a joué un rôle « important et stratégique » dans le développement économique de la région, en élargissant l’accès aux marchés, en encourageant les investissements et en améliorant la connectivité des infrastructures. Le chemin de fer à grande vitesse Jakarta-Bandung, en Indonésie, est cité en exemple de coopération fructueuse entre les deux pays, modernisant les infrastructures et démontrant la capacité croissante de l’Indonésie à adopter les nouvelles technologies.
En vue de l’organisation des réunions de l’APEC en 2026, Elisabeth espère que Pékin accordera la priorité au renforcement des chaînes d’approvisionnement, à l’approfondissement de l’intégration numérique et à la coopération en matière d’énergies renouvelables.