Publié le 27 octobre 2025 à 23:07. Un enfant de six ans est décédé à Curitiba des suites d’une infection invasive au streptocoque du groupe A, une maladie rare mais potentiellement grave. Les autorités sanitaires locales ont lancé une enquête et procèdent à un dépistage auprès des contacts de l’enfant, notamment à son école.
- Un enfant de six ans est décédé le 24 octobre à Curitiba d’une infection invasive au streptocoque du groupe A (iGAS).
- Le Département Municipal de Santé (SMS) de Curitiba a lancé une enquête et identifie les contacts étroits de l’enfant pour prévenir d’éventuelles nouvelles infections.
- Bien que rare, l’iGAS peut entraîner des complications graves, et les symptômes à surveiller incluent fièvre et maux de gorge.
Les autorités sanitaires de Curitiba sont en alerte après le décès d’un enfant de six ans, survenu le 24 octobre, des suites d’une infection invasive au streptocoque du groupe A (iGAS). Le Département Municipal de Santé (SMS) a confirmé l’information ce lundi et a immédiatement mis en place une cellule de crise pour identifier et contacter les personnes potentiellement exposées à la bactérie.
L’iGAS est une infection rare, mais grave, causée par la bactérie Streptococcus pyogenes. Cette bactérie est présente chez 5 à 15 % de la population, généralement dans la gorge et sur la peau, sans provoquer de symptômes. Dans la majorité des cas, elle est responsable d’infections courantes et bénignes telles que l’amygdalite, la scarlatine ou des infections cutanées comme l’impétigo.
Cependant, dans de rares circonstances, la bactérie peut pénétrer dans l’organisme et provoquer des maladies invasives, notamment une pneumonie sévère, une fasciite nécrosante (infection musculaire grave), une méningite ou un choc toxique.
« La bactérie est la même que celle qui cause des infections courantes, mais la réponse immunitaire peut varier d’un enfant à l’autre. Dans certains cas rares, Streptococcus pyogenes peut engendrer une infection invasive très grave »,
Alcides Oliveira, directeur du Centre d’épidémiologie du SMS
La transmission du Streptocoque pyogène, sous sa forme invasive, se produit de la même manière que pour les infections non invasives (scarlatine ou amygdalite) : par les gouttelettes de salive ou les sécrétions respiratoires des personnes infectées, ou par contact direct avec des lésions cutanées, comme dans le cas de l’impétigo.
Dépistage des camarades de classe
Le SMS, en collaboration avec l’hôpital, l’école, le laboratoire municipal et le Laboratoire Central de l’État, mène une enquête approfondie auprès de tous les contacts étroits de l’enfant décédé. Ce lundi, une action de dépistage a été menée à l’école fréquentée par l’enfant. Les camarades de classe sont considérés comme des contacts à risque et ont subi un examen pour détecter la présence de la bactérie et, le cas échéant, recevoir un traitement.
Ce dépistage a consisté en un prélèvement oropharyngé (à l’aide d’un coton-tige stérile introduit dans la bouche) pour analyse en laboratoire. Les parents ont été informés à l’avance par l’équipe de santé de l’école et leur présence était facultative, la procédure étant rapide et indolore.
« Il s’agit du protocole standard du SMS qui nous permet de circonscrire la bactérie à l’origine de ce cas fulgurant »,
Marion Burger, infectiologue au SMS
Recommandations
Pour l’heure, la surveillance épidémiologique n’a pas jugé nécessaire d’annuler les cours ou de retirer les élèves non malades de l’école. Le SMS conseille toutefois aux personnes considérées comme des contacts étroits de l’élève décédé de surveiller l’apparition de symptômes tels que fièvre et maux de gorge, éventuellement accompagnés de rougeurs cutanées (signe de scarlatine). En cas de tels symptômes, une consultation médicale est recommandée.
Aux parents et tuteurs dont les enfants n’ont pas été en contact avec l’enfant décédé, le SMS conseille de rester vigilants en cas d’infections courantes et de surveiller l’apparition de signes de gravité. « Ces infections sont fréquentes chez les enfants, facilement diagnostiquées lors d’un examen clinique et, lorsqu’elles sont traitées correctement avec des antibiotiques, l’enfant se rétablit sans complications », explique Marion Burger.
Les signes avant-coureurs de gravité incluent une fièvre persistante 24 heures après le début du traitement antibiotique, une somnolence, une faiblesse excessive et des vomissements répétés.
Traitement du streptocoque du groupe A
Il n’existe pas de vaccin contre le streptocoque du groupe A. Cependant, l’isolement pendant la période de transmissibilité (jusqu’à 24 heures après le début du traitement antibiotique) et le respect des mesures d’hygiène de base (ne pas partager de couverts, se laver les mains) peuvent réduire la propagation de la bactérie.
Contrairement à la scarlatine ou à l’amygdalite, qui peuvent être traitées avec des antibiotiques oraux ou intramusculaires, la suspicion d’une maladie invasive (iGAS) nécessite une prise en charge médicale urgente, avec une évaluation hospitalière immédiate et un traitement par antibiotiques intraveineux.
Comment éviter la contamination
- En cas de maux de gorge et de forte fièvre, consultez un médecin. Une personne diagnostiquée avec une infection streptococcique du groupe A ne doit retourner à l’école, à la garderie ou au travail qu’après 24 heures de traitement antibiotique.
- Gardez les plaies (coupures, éraflures) propres et surveillez les signes d’infection (rougeur, gonflement, écoulement purulent, fièvre).
- Lavez-vous les mains, surtout après avoir toussé ou éternué, et avant et après avoir soigné une personne malade.
- Évitez de partager de la nourriture, des boissons, des cigarettes ou des ustensiles (assiettes, tasses, couverts).
- Les garderies et les écoles doivent désinfecter régulièrement les jouets.
- Assurez une bonne ventilation des locaux.