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Un essai randomisé mené au Mali révèle que la distribution massive d’azithromycine ne réduit pas les décès de nourrissons

Publié le 16 octobre 2024 19:22:00. Une étude menée au Mali remet en question l'efficacité de la distribution massive d'azithromycine pour réduire la mortalité infantile, malgré des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) visant à cibler…

Un essai randomisé mené au Mali révèle que la distribution massive d’azithromycine ne réduit pas les décès de nourrissons

Publié le 16 octobre 2024 19:22:00. Une étude menée au Mali remet en question l’efficacité de la distribution massive d’azithromycine pour réduire la mortalité infantile, malgré des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) visant à cibler les nourrissons de 1 à 11 mois.

  • Une nouvelle étude clinique, menée au Mali, n’a pas démontré de réduction significative de la mortalité infantile grâce à l’administration régulière d’azithromycine.
  • Les résultats contredisent partiellement les recommandations actuelles de l’OMS, qui suggèrent une administration ciblée de l’antibiotique aux nourrissons de 1 à 11 mois dans les zones à forte mortalité.
  • Les chercheurs suggèrent qu’un ciblage d’un groupe d’âge plus large pourrait être nécessaire pour observer un impact significatif sur la mortalité.

Les résultats d’un essai clinique randomisé, mené entre décembre 2020 et décembre 2022 au Mali, indiquent que l’administration massive d’azithromycine aux nourrissons de 1 à 11 mois n’a pas d’effet significatif sur la mortalité. L’étude, dont les conclusions ont été publiées hier dans le New England Journal of Medicine, impliquait 1 151 villages et plus de 149 040 nourrissons.

Les nourrissons ont été répartis aléatoirement en trois groupes : un groupe témoin recevant un placebo tous les trois mois, un groupe recevant de l’azithromycine deux fois par an, et un groupe recevant de l’azithromycine quatre fois par an. Le critère principal d’évaluation était le nombre de décès, quelle qu’en soit la cause, survenus dans les trois mois suivant la confirmation de l’éligibilité des participants.

Au total, 968 décès de nourrissons ont été enregistrés au cours de l’essai. L’analyse des données n’a révélé aucune différence significative de mortalité entre les trois groupes. Le taux de mortalité était de 11,9 décès pour 1 000 années-personnes à risque dans le groupe témoin, de 11,8 dans le groupe recevant de l’azithromycine semestriellement et de 11,3 dans le groupe recevant de l’azithromycine trimestriellement. Les effets indésirables observés étaient rares et similaires dans les trois groupes.

Ces résultats interviennent après une étude précédente, l’essai MORDOR (menée en 2018 au Niger, au Malawi et en Tanzanie), qui avait suggéré une réduction de 13,5 % de la mortalité toutes causes confondues chez les enfants de 1 à 5 ans recevant de l’azithromycine deux fois par an. L’OMS avait alors envisagé de limiter l’intervention aux nourrissons de 1 à 11 mois, car c’est dans cette tranche d’âge que la réduction de mortalité avait été la plus importante dans l’étude MORDOR. Une préoccupation majeure était également de limiter le développement d’une résistance aux antibiotiques.

Cependant, des études plus récentes, comme l’essai AVENIR menée au Niger, suggèrent qu’une administration plus large de l’azithromycine, ciblant tous les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans, pourrait avoir un impact plus important sur la mortalité.

« L’administration massive d’azithromycine, limitée aux nourrissons âgés de 1 à 11 mois, n’a pas entraîné de mortalité infantile ou juvénile plus faible que le placebo, que l’azithromycine soit administrée deux fois par an ou trimestriellement »

Auteurs de l’étude

Les auteurs de la nouvelle étude concluent que les recommandations actuelles de l’OMS méritent d’être réévaluées. Ils soulignent que, bien qu’une approche ciblée puisse limiter le risque de résistance aux antimicrobiens, un bénéfice significatif en termes de mortalité pourrait nécessiter de cibler un groupe d’âge plus large.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.