Publié le 13 oct. 2025 à 11h52. Un homme de l’Orne a été condamné à une peine de prison avec sursis pour des violences répétées envers son ex-conjointe, révélant une relation marquée par l’emprise psychologique et des menaces de suicide.
- Un habitant de l’Orne a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des violences envers son ex-épouse.
- La victime, atteinte de mucoviscidose et souffrant de crises d’hypoglycémie, a témoigné d’une longue période de harcèlement, de chantage au suicide et d’agressions physiques.
- L’accusé a nié en bloc les faits qui lui étaient reprochés, évoquant de fausses accusations motivées par des intérêts financiers.
Le tribunal a finalement reconnu l’homme coupable et l’a condamné à quatre mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de contact avec la victime et d’une inéligibilité de deux ans. Il devra également verser des dommages et intérêts à son ex-épouse.
L’affaire a débuté en novembre 2020, lorsque la victime a déposé plainte auprès de la gendarmerie de La Ferté-Macé, relatant des faits de violence, de harcèlement et de chantage au suicide. Elle a présenté un certificat médical attestant d’une incapacité de 30 jours et a précisé qu’elle était reconnue travailleur handicapé en raison de sa mucoviscidose et de ses fréquentes crises d’hypoglycémie. Le couple s’était marié en 2019 avant de divorcer un an plus tard, après une relation tumultueuse débutée fin 2018.
La victime a décrit plusieurs épisodes de violence. Elle a raconté comment son mari, pris d’une crise de colère en décembre 2018, avait pris le volant de sa voiture à vive allure, roulant au moins à 180 km/h et se déportant volontairement vers un camion, dans le but de simuler un suicide. Elle a également évoqué des menaces de scarification avec un couteau, et des agressions physiques, notamment un coup de batte de baseball au ventre alors qu’elle était enceinte, qui aurait entraîné une fausse couche. Elle a également témoigné d’une forme de contrôle financier, affirmant devoir subvenir à tous les besoins du couple alors que son ex-mari disposait de revenus plus confortables.
Au cours du procès, l’accusé a nié toutes les accusations, reconnaissant seulement avoir pu casser des objets dans un moment de colère. Il a affirmé que les virements effectués sur son compte par son ex-épouse étaient en réalité le remboursement de sa part des frais de mariage. Il a qualifié les témoignages à son encontre de “complaisants” et a évoqué une période de dépression qu’il aurait traitée.
« L’emprise psychologique est évidente. »
Procureur de la République
L’avocate de la victime a souligné la vulnérabilité de sa cliente, expliquant que sa mucoviscidose et ses crises d’hypoglycémie la rendent particulièrement fragile. Elle a demandé une indemnisation de 4 000 € pour réparer le préjudice subi. Le procureur de la République a requis six mois de prison avec sursis simple, ainsi que des interdictions de détenir une arme, d’entrer en contact avec la victime et de percevoir une pension de réversion.
La défense a plaidé la relaxe, arguant de l’absence d’éléments objectifs prouvant les violences alléguées et soulignant que les nombreux séjours à l’hôpital de la plaignante n’ont jamais révélé de traces de blessures. Elle a également précisé que l’expertise psychiatrique avait qualifié l’accusé de “limite” plutôt que de bipolaire, comme l’avait affirmé son ex-épouse.
En plus des peines principales, le tribunal a ordonné à l’accusé de verser 700 € à la victime à titre de réparation, ainsi que 450 € pour couvrir ses frais d’avocat. Il devra également s’acquitter des frais d’audience, s’élevant à 254 €. L’accusé dispose de dix jours pour faire appel.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
Pour aller plus loin
