Publié le 13 octobre 2025 à 14h41. La flambée du prix de l’or, conjuguée à un dollar affaibli, pèse sur les marges des fabricants de produits de luxe européens, notamment dans les secteurs de la joaillerie et de l’horlogerie.
- Le prix de l’or a presque doublé en un an, atteignant près de 4 100 dollars l’once troy (31,1 grammes).
- LVMH, le géant du luxe, a vu ses bénéfices dans la division joaillerie et horlogerie chuter de 13 % au premier semestre.
- Les tensions géopolitiques et l’incertitude économique alimentent la demande d’or comme valeur refuge.
La course aux records de l’or et la dépréciation du dollar américain constituent un défi majeur pour les entreprises européennes de luxe, selon des analystes financiers. Si l’augmentation du coût de l’or peut être absorbée individuellement, leur combinaison simultanée menace de réduire les marges bénéficiaires.
Les investisseurs, préoccupés par les tensions géopolitiques, les perspectives économiques incertaines aux États-Unis et les craintes d’une inflation persistante, se tournent vers des actifs considérés comme des valeurs refuges, dont l’or. Parallèlement, le dollar, monnaie de réserve mondiale, a perdu près de 9 % de sa valeur depuis le début de l’année en raison des anticipations d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine.
L’impact de la hausse des prix de l’or sur les bijoutiers de luxe varie. Selon Luca Solca, analyste chez Bernstein, les dépenses en or ne représentent parfois que 5 % des coûts de production. Il estime qu’une légère augmentation des prix de vente pourrait compenser l’augmentation des coûts de la matière première.
Cependant, d’autres experts mettent en garde contre le risque de dissuader les acheteurs en répercutant l’augmentation des coûts sur les prix de vente. LVMH, le premier fabricant mondial de produits de luxe, devrait annoncer mardi une stagnation de ses ventes trimestrielles. Au premier semestre, le groupe a déjà enregistré une baisse de 13 % de ses bénéfices dans sa division joaillerie et horlogerie, qui comprend les marques Tiffany et Bulgari. Les marques Boucheron (Kering) et Cartier (Richemont) ont, quant à elles, affiché une croissance supérieure à la moyenne.
Face à ces incertitudes, Richemont a choisi de ne pas revoir à la hausse ses objectifs annuels, comme l’a souligné Zuzanna Pusz, analyste chez UBS.
Reuters
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