Home SantéUn IMC élevé et une mauvaise forme physique à l’adolescence liés à de graves infections bactériennes à l’âge adulte

Un IMC élevé et une mauvaise forme physique à l’adolescence liés à de graves infections bactériennes à l’âge adulte

by Sophie Martin

Publié le 9 décembre 2025 à 13h17. Une étude suédoise révèle que le surpoids et une mauvaise condition physique à l’adolescence sont associés à un risque accru de contracter des infections bactériennes graves, voire d’en décéder, à l’âge adulte.

  • Un indice de masse corporelle (IMC) élevé et un manque d’activité physique durant l’adolescence augmentent significativement le risque de septicémie, de pneumonie et d’infections des valves cardiaques à l’âge adulte.
  • Le risque est déjà accru pour les personnes ayant un poids normal légèrement élevé (IMC entre 22,5 et 25) et s’intensifie avec un IMC plus important et une moins bonne condition physique.
  • Les résultats soulignent l’importance d’interventions précoces pour promouvoir un poids sain et l’activité physique dès l’adolescence, en particulier face à la montée de la résistance aux antibiotiques.

Des chercheurs de l’Université de Göteborg ont mené une vaste étude, publiée dans le Journal of Internal Medicine, analysant les données de près d’un million d’hommes suédois sur une période de plus de trente ans. En croisant les informations issues du registre de conscription militaire, du registre national des patients et du registre national des décès, ils ont pu établir un lien clair entre la santé physique à l’adolescence et le risque d’infections bactériennes graves à l’âge adulte.

Lors de leur incorporation, l’IMC et la condition physique des participants ont été évalués. Les hommes ont ensuite été répartis en différents groupes en fonction de ces mesures, et leur risque de développer ultérieurement une pneumonie bactérienne, une infection des valves cardiaques ou une septicémie a été comparé.

L’étude a pris en compte des facteurs tels que la force musculaire, le statut socio-économique et l’asthme afin d’affiner l’analyse et d’isoler l’impact de l’IMC et de la forme physique. Plus de 44 000 cas d’infections bactériennes graves ont été identifiés au cours du suivi, la pneumonie étant l’infection la plus fréquemment diagnostiquée, suivie de la septicémie.

« Nous savons depuis longtemps qu’un IMC élevé et une mauvaise forme physique chez les jeunes sont des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de cancer plus tard dans la vie. Nous avons également démontré que cela était vrai pour la COVID-19 », explique Josefina Robertson, professeure agrégée de maladies infectieuses à l’Université de Göteborg et spécialiste à l’hôpital universitaire de Sahlgrenska. « Cependant, la question de savoir si ces facteurs étaient liés à l’incidence d’infections bactériennes graves à l’âge adulte n’avait pas encore été étudiée. »

« Nous savons depuis longtemps qu’un IMC élevé et une mauvaise forme physique chez les jeunes sont des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de cancer plus tard dans la vie. Nous avons également démontré que cela était vrai pour la COVID-19. Cependant, la question de savoir si ces facteurs sont liés à l’incidence d’infections bactériennes graves à l’âge adulte n’a pas encore été étudiée. »

Josefina Robertson, professeure agrégée de maladies infectieuses, Université de Göteborg

Les résultats indiquent que le risque de septicémie est particulièrement accru chez les personnes obèses (IMC de 30 ou plus), avec une prévalence plus de trois fois supérieure à celle des hommes ayant un poids normal faible (IMC entre 18,5 et 19,9). De plus, le risque de décès lié à une septicémie est plus de quatre fois plus élevé dans le groupe ayant l’IMC le plus élevé.

Birger Sourander, doctorant à l’Université de Göteborg et interne à l’hôpital universitaire de Sahlgrenska, premier auteur de l’étude, souligne l’importance de ces découvertes dans le contexte actuel : « Nos résultats sont particulièrement pertinents aujourd’hui, alors que le surpoids, l’obésité et les modes de vie sédentaires sont de plus en plus courants, tandis que la résistance aux antibiotiques continue d’augmenter. Cela souligne donc l’importance d’interventions précoces visant à promouvoir un poids santé et une activité physique dès l’adolescence, pour la santé future de l’individu et de la société dans son ensemble. »

Source:

Référence du journal :

Sourander, B., et al. (2025). High BMI and low cardiorespiratory fitness in adolescence are associated with increased risk of severe bacterial infections in adulthood. Journal of Internal Medicine. DOI: doi.org/10.1111/joim.70043

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.