Home SantéUn interrupteur microglie caché aide à protéger le cerveau de la maladie d’Alzheimer

Un interrupteur microglie caché aide à protéger le cerveau de la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 22 novembre 2025 18:29:00. Des chercheurs ont identifié un mécanisme moléculaire impliquant une protéine, PU.1, et un récepteur, CD28, qui pourrait transformer les cellules immunitaires du cerveau en protectrices contre la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

  • La réduction des niveaux de la molécule PU.1 semble activer un mode protecteur chez les microglies, des cellules immunitaires cérébrales.
  • Ces microglies protectrices, bien que peu nombreuses, exercent une influence significative sur l’inflammation, les fonctions cognitives et la survie des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer.
  • Des études génétiques confirment un lien entre des niveaux plus faibles de PU.1 et un risque réduit de développer la maladie.

Une nouvelle étude révèle que les microglies, souvent considérées comme des acteurs de la destruction dans la maladie d’Alzheimer, peuvent en réalité jouer un rôle protecteur. En manipulant les niveaux d’une molécule clé, les chercheurs ont réussi à transformer ces cellules immunitaires en alliées du cerveau.

L’équipe de recherche, issue d’une collaboration internationale, a travaillé sur des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer, ainsi que sur des cellules humaines et des tissus cérébraux humains. Leurs travaux ont mis en évidence le rôle crucial de la protéine PU.1. En diminuant ses niveaux, ils ont observé une augmentation de la production de récepteurs immunorégulateurs lymphoïdes par les microglies. Ces récepteurs sont généralement impliqués dans la régulation des réponses immunitaires de l’organisme.

L’impact de ces microglies transformées est notable. Leur présence permet de calmer l’inflammation nuisible associée à la maladie d’Alzheimer, de soutenir les capacités cognitives et d’améliorer la survie des souris atteintes. À l’inverse, lorsque les chercheurs ont bloqué l’action du récepteur CD28 sur ces microglies protectrices, l’inflammation a augmenté et les plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie, se sont développées plus rapidement. Cela démontre l’importance du CD28 pour maintenir les effets bénéfiques de ces cellules.

« Les microglies ne sont pas simplement des répondeurs destructeurs de la maladie d’Alzheimer : elles peuvent devenir des protectrices du cerveau. »

Anne Schaefer, auteure principale de la recherche et responsable du projet

Anne Schaefer souligne que ces résultats s’appuient sur des travaux antérieurs montrant la capacité des microglies à adopter différents états fonctionnels, leur permettant de jouer divers rôles dans la santé du cerveau. Elle insiste également sur l’importance des collaborations scientifiques internationales pour faire progresser la recherche sur des maladies neurodégénératives complexes.

Alexander Tarakhovsky met en avant l’aspect surprenant de cette découverte : l’influence de molécules traditionnellement associées au système immunitaire adaptatif (lymphocytes B et T) sur le comportement des microglies.

« Cette découverte intervient à un moment où les lymphocytes T régulateurs ont acquis une reconnaissance majeure en tant que régulateurs majeurs de l’immunité, mettant en évidence une logique partagée de régulation immunitaire entre les types de cellules. »

Alexander Tarakhovsky

Selon lui, une meilleure compréhension de ce système partagé pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches immunothérapeutiques pour lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Ces travaux s’inscrivent dans la continuité d’études génétiques menées par Alison Goate, qui avait identifié une variante du gène SP1 (responsable de la production de PU.1) associée à un risque plus faible de développer la maladie d’Alzheimer.

« Ces résultats fournissent une explication mécaniste de la raison pour laquelle des niveaux inférieurs de PU.1 sont liés à un risque réduit de maladie d’Alzheimer. »

Alison Goate, co-auteure principale

En identifiant l’axe PU.1-CD28, les chercheurs ont donc mis en évidence un nouveau mécanisme moléculaire qui pourrait expliquer comment les microglies adoptent un état protecteur. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de traitements ciblant spécifiquement ces cellules afin de modifier le cours de la maladie d’Alzheimer.

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