Publié le 25 octobre 2025 à 16h54. Une tribune publiée dans le New England Journal of Medicine suscite la controverse en associant les défenseurs de la personnalité fœtale à l’histoire de l’esclavage, ravivant un débat éthique et politique sur les droits reproductifs et le statut de l’embryon.
- Un article du New England Journal of Medicine établit un parallèle entre la reconnaissance de la personnalité fœtale et les pratiques de contrôle des corps des femmes noires durant l’esclavage.
- Les auteurs de l’article affirment que les lois sur la personnalité fœtale conduisent à la criminalisation de la grossesse et à une méfiance accrue envers le système de santé.
- Les partisans du droit à la vie réfutent ces accusations, soulignant que leur objectif est de protéger la vie des enfants à naître et de garantir l’accès aux soins médicaux appropriés.
La question de la personnalité fœtale, déjà source de vives tensions, est au cœur d’une nouvelle polémique. Une tribune récemment parue dans le New England Journal of Medicine a provoqué l’indignation de nombreux défenseurs du droit à la vie en établissant un lien direct entre la reconnaissance juridique de la personnalité fœtale et les horreurs de l’esclavage aux États-Unis.
L’article, intitulé « Personnalité fœtale et criminalisation reproductive », soutient que l’idéologie de la personnalité fœtale trouve ses racines dans l’époque de l’esclavage, où le corps des femmes noires était considéré comme une propriété et où leurs grossesses étaient soumises à un contrôle strict. Les auteurs citent l’historienne Dorothy Roberts, dont l’ouvrage Tuer le corps noir explore les liens entre l’histoire de l’esclavage et les politiques contemporaines en matière de reproduction.
« Bien que des éléments du mouvement juridique moderne en faveur de la personnalité fœtale aient pris forme dans les années 1960, les racines de l’idée de la personnalité fœtale remontent à l’époque de l’esclavage aux États-Unis, lorsque le corps des femmes noires était traité comme une propriété et que leurs grossesses étaient soumises à un contrôle économique et sociopolitique. »
New England Journal of Medicine
Les auteurs affirment que cette idéologie se manifeste aujourd’hui par des lois interdisant ou restreignant l’avortement, ainsi que par des poursuites judiciaires contre les femmes enceintes accusées de mettre en danger leur fœtus. Ils soulignent que ces lois peuvent conduire à des enquêtes policières, des arrestations et des peines de prison pour des femmes enceintes, en particulier celles qui consomment des substances illicites.
Cependant, cette interprétation est contestée par les défenseurs du droit à la vie, qui dénoncent une déformation des faits. Ils soulignent que les poursuites judiciaires visent généralement les actes illégaux commis pendant la grossesse qui mettent en danger la vie de l’enfant à naître, et non la grossesse elle-même. Ils rappellent également que les lois sur la personnalité fœtale visent à protéger les enfants à naître victimes d’agressions ou d’accidents.
Les critiques de l’article mettent en avant le fait qu’il établit un parallèle fallacieux entre les motivations des abolitionnistes et celles des défenseurs du droit à la vie. Ils soulignent que les partisans du droit à la vie souhaitent plus de naissances, en particulier chez les populations marginalisées, et qu’ils s’efforcent de protéger les enfants à naître de tout danger.
L’article du New England Journal of Medicine soulève également des inquiétudes quant à l’impact des lois sur la personnalité fœtale sur l’accès aux soins de santé reproductive. Les auteurs craignent que ces lois ne créent un climat d’incertitude et de méfiance, dissuadant les femmes enceintes de consulter un médecin ou de signaler des problèmes de santé.
Ces craintes sont toutefois jugées exagérées par les défenseurs du droit à la vie, qui affirment que les lois sur la personnalité fœtale ne visent pas à criminaliser les fausses couches ou les grossesses extra-utérines. Ils soulignent que les lois pro-vie ne considèrent pas les fausses couches comme des avortements et qu’elles autorisent les interventions médicales nécessaires pour sauver la vie de la mère et de l’enfant à naître. Alliance Defending Freedom a publié des informations à ce sujet.
Au-delà des aspects juridiques et médicaux, le débat sur la personnalité fœtale soulève des questions fondamentales sur le statut moral de l’embryon et du fœtus. Certains estiment que la vie humaine commence dès la conception et que l’enfant à naître a droit à la même protection que toute autre personne. D’autres considèrent que la vie humaine n’acquiert une valeur morale qu’à un stade ultérieur du développement, par exemple lorsque le fœtus devient viable.
La loi sur l’avortement du Vermont, qui stipule qu’un ovule, un embryon ou un fœtus fécondé n’a pas de droits indépendants en vertu de la loi de l’État, illustre cette divergence de points de vue. Loi sur l’avortement du Vermont. Pour les partisans du droit à la vie, une telle disposition signifie que les vies à naître n’ont aucun droit que les personnes nées sont tenues de respecter, ouvrant la voie à une indifférence totale envers leur sort.
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