Publié le 2025-12-19 18:11:00. L’ancien promoteur immobilier irlandais Sean Dunne devra verser plus de 3,8 millions de dollars (3,24 millions d’euros) à ses ex-épouses et à certains professionnels impliqués dans sa faillite américaine, une affaire qui remonte à l’éclatement de la bulle immobilière irlandaise. Cette décision met fin à des années de contestations juridiques.
- Plus de 3,8 millions de dollars seront distribués entre les ex-épouses de Sean Dunne et ses créanciers.
- Jennifer Coyle, la première épouse, recevra 1,9 million de dollars, tandis que Gayle Killilea, sa seconde épouse, percevra 925 306 dollars.
- La juge américaine des faillites a rejeté les dernières tentatives de M. Dunne pour bloquer ces paiements.
Après plus d’une décennie de bataille juridique, l’héritage de Sean Dunne, autrefois figure emblématique du boom immobilier irlandais surnommé le « Celtic Tiger », est en voie d’être liquidé. La juge américaine des faillites Julie A. Manning, siégeant à Bridgeport, dans le Connecticut, a ordonné la distribution de fonds provenant des actifs de la succession à plusieurs parties prenantes. Gayle Killilea, l’ex-épouse de M. Dunne, a décliné toute déclaration lorsqu’elle a été contactée par SMS.
Sean Dunne, qui s’était lui-même porté avocat dans cette affaire, avait tenté jusqu’à jeudi de faire suspendre ces paiements. Il a affirmé par courriel ne pas encore avoir pris connaissance de la décision. Selon l’ordonnance de la juge, Jennifer Coyle recevra 1,9 million de dollars et Gayle Killilea, 925 306 dollars. Ces paiements laisseront environ 12 millions de dollars dans la succession, qui seront ensuite distribués à d’autres créanciers, dont National Asset Loan Management (NAML), successeur de l’activité de l’Ulster Bank en Irlande, et la Bank of Scotland.
En octobre dernier, M. Dunne avait réussi à obtenir un report de la distribution des fonds en contestant la nomination et la caution du syndic de faillite, arguant que des procédures judiciaires en Irlande pourraient entraîner son remplacement. La juge Manning avait accepté d’examiner ces arguments, mais les a finalement rejetés vendredi, estimant que la nomination du syndic était valide. Elle avait également précisé plus tôt cette semaine que les ex-épouses de M. Dunne avaient droit à ces fonds, même si la faillite était annulée.
Lors d’une audience plus tôt cette semaine, à laquelle M. Dunne devait assister par visioconférence mais s’est désisté à la dernière minute invoquant une perte de connexion internet, il avait objecté au versement de sommes à ses ex-épouses, les qualifiant de fortunées grâce à lui et n’ayant donc pas besoin de ces fonds. Dans un document déposé auprès du tribunal jeudi matin, il affirmait : «
Mes deux ex-épouses sont très riches grâce à mes mariages et aux fruits de mon travail, alors que je suis un failli non libéré, sans revenus ni actifs.
» Il ajoutait : «
Ce n’est pas comme si Mme Coyle ou Mme Killilea avaient un besoin urgent d’argent pour ajouter à leur valeur substantielle existante.
» Il avait demandé un nouveau report jusqu’à une audience prévue le 18 février dans le cadre d’un litige irlandais en cours.
Outre les paiements aux ex-épouses, la juge a également approuvé le versement de 693 251 dollars au syndic de faillite Richard M. Coan et de 333 913 dollars au cabinet d’avocats américain Cohn, Birnbaum & Shea, qui représentait M. Coan.
L’empire immobilier de Sean Dunne s’est effondré avec la crise financière de 2008, le laissant criblé de dettes. Il s’était alors installé aux États-Unis, tentant de reconstruire sa vie avant de finalement déclarer faillite en 2013. En 2019, un jury américain avait jugé qu’il avait transféré illégalement 19,1 millions de dollars à son épouse de l’époque, Gayle Killilea, afin de les soustraire à ses créanciers, ordonnant le remboursement de cette somme. M. Dunne a passé plus de six ans à tenter d’annuler ce verdict et d’empêcher la distribution des fonds.
Le rapport final du syndic prévoit également le versement de 6,1 millions de dollars à National Asset Loan Management Limited, de 6 millions de dollars aux successeurs de l’Ulster Bank et de 135 530 dollars à la Bank of Scotland.
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