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Un mécanisme immunitaire dans le cerveau pourrait retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer

Publié le 24 septembre 2025. Une équipe internationale de chercheurs a identifié un mécanisme cellulaire clé qui pourrait protéger le cerveau contre la maladie d'Alzheimer, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les cellules immunitaires du…

Un mécanisme immunitaire dans le cerveau pourrait retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer

Publié le 24 septembre 2025. Une équipe internationale de chercheurs a identifié un mécanisme cellulaire clé qui pourrait protéger le cerveau contre la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les cellules immunitaires du cerveau.

  • Un sous-type de cellules immunitaires cérébrales, appelées microglies, peut adopter un état neuroprotecteur en présence de plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
  • Ces microglies protectrices présentent des niveaux plus faibles de la protéine PU.1 et une expression accrue de la protéine CD28, jouant un rôle crucial dans le système immunitaire.
  • La modulation de l’activité de ces microglies pourrait constituer une nouvelle approche thérapeutique pour ralentir la progression de la maladie.

La maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative progressive, est caractérisée par l’accumulation de protéines anormales dans le cerveau, notamment la bêta-amyloïde et la protéine tau. Ces accumulations perturbent le fonctionnement des neurones et entraînent une détérioration cognitive. Les recherches se concentrent de plus en plus sur le rôle du système immunitaire du cerveau, et plus particulièrement des microglies, dans la lutte contre ces accumulations.

Des études antérieures avaient déjà suggéré que les microglies pouvaient avoir des effets variables sur la maladie d’Alzheimer, allant de l’amélioration des symptômes à l’aggravation de la progression par le biais de l’inflammation. Pour mieux comprendre ce paradoxe, des neuroscientifiques de l’École de médecine Icahn de New York et de l’Université Rockefeller ont mené une étude approfondie sur la manière dont ces cellules immunitaires basculent entre un état bénéfique et un état nocif. Leurs travaux, récemment publiés dans la revue Nature, apportent de nouvelles perspectives sur les mécanismes de défense du cerveau.

En utilisant des modèles murins de la maladie d’Alzheimer, l’équipe a observé que lorsque les microglies s’approchent des plaques amyloïdes, elles entrent dans un état particulier de neuroprotection. Ce sous-type de microglie se distingue par deux caractéristiques clés : une diminution des niveaux de la protéine PU.1 et une augmentation de l’expression de la protéine CD28. Selon les chercheurs,

« Ce sous-type de microglie semble mieux à même de ralentir l’accumulation des plaques amyloïdes et de limiter l’agrégation de la protéine tau. »

École de médecine Icahn du Mont Sinaï

Pour confirmer cette observation, les chercheurs ont bloqué la production de CD28 chez les souris. Ils ont alors constaté une augmentation des microglies à profil inflammatoire et une accumulation plus rapide des plaques amyloïdes. Ces résultats corroborent également des observations épidémiologiques suggérant que les personnes ayant une prédisposition génétique à une expression plus faible de PU.1 ont tendance à voir l’apparition de la maladie d’Alzheimer retardée.

Les auteurs de l’étude soulignent que ce mécanisme représente une défense naturelle du cerveau contre la maladie, mais qu’elle n’est pas toujours suffisante pour stopper sa progression. Ils envisagent que les futures thérapies pourraient viser à renforcer l’activité de ce sous-type de microglie protecteur. Cependant, ils insistent sur la nécessité de vérifier si ces résultats se traduisent également chez l’homme.

Il est important de noter que la maladie d’Alzheimer est une affection complexe, impliquant de multiples facteurs de risque. Un traitement efficace pourrait donc nécessiter une approche combinée ciblant plusieurs mécanismes différents. La transformation des microglies dans un état neuroprotecteur représente une piste prometteuse, mais ne saurait être la seule solution. Les chercheurs ont également observé que les microglies altérées dans le cerveau des souris présentent des similitudes avec les cellules T du système immunitaire périphérique, suggérant un mécanisme commun de régulation immunitaire et ouvrant la voie à de potentielles stratégies d’immunothérapie.

Microglies et plaques amyloïdes

Les microglies (en vert) réagissent aux plaques amyloïdes agrégées (en bleu) dans le cortex d’une souris. Crédit image : École de médecine Icahn du Mont Sinaï

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.