Publié le 15 octobre 2024 à 09h27. Une médecin remplaçante est accusée de fautes professionnelles graves, notamment d’avoir administré des médicaments à des patients mineurs sans consentement parental et d’avoir manqué à son devoir d’orientation concernant un dépistage du cancer du sein. Une enquête est en cours devant le Conseil médical irlandais.
- Une médecin remplaçante est accusée d’avoir administré des médicaments à un patient mineur sans l’autorisation d’un parent.
- Elle est également accusée de ne pas avoir correctement orienté une patiente vers un service de dépistage du cancer du sein.
- La médecin n’a pas assisté à l’enquête et les allégations remontent à son passage dans un centre médical du Midwest en 2019.
Le Conseil médical irlandais a ouvert une enquête sur les pratiques du Dr Theodora Christova, une médecin de nationalité grecque diplômée en Bulgarie. Les accusations portées à son encontre concernent des incidents survenus en octobre 2019, alors qu’elle assurait un remplacement au centre médical de Shannon, en remplacement du Dr Yvonne Williams, en congé annuel.
Selon les témoignages recueillis mardi, le Dr Christova aurait diagnostiqué une infection oculaire à une jeune patiente, identifiée comme « Patient A », sans procéder à un examen approfondi de son œil. Elle aurait également refusé d’effectuer un test d’asthme et de pratiquer une injection contre la grippe pour laquelle un rendez-vous avait été pris. Dans un autre cas, elle est accusée d’avoir donné un comprimé à une autre patiente mineure, « Patient B », en présence de sa mère, sans obtenir le consentement de celle-ci ni identifier la nature du médicament.
L’enquête a également révélé des préoccupations concernant la communication du Dr Christova avec les parents des patients. Il lui est reproché d’avoir donné des informations inappropriées au père d’un jeune patient souffrant de toux, lui indiquant que les inhalateurs d’asthme de son fils ne devaient pas être utilisés pendant la prise d’antibiotiques prescrits. De plus, elle n’aurait pas correctement orienté une patiente vers le service national de référence pour les seins, se contentant de prescrire une échographie réalisée par un prestataire privé à Limerick.
Les agissements du Dr Christova ont été jugés suffisamment préoccupants pour que le Dr Williams, la médecin titulaire, interrompe son congé annuel et reprenne ses fonctions. L’agence de remplacement a par la suite demandé au Dr Christova de ne pas se présenter au centre médical le 18 octobre.
Lors de l’enquête, le Dr Mary Davin-Power, membre médical du comité, a interrogé le Dr Williams sur d’éventuelles difficultés de communication liées à la langue. Le Dr Williams a déclaré que, bien qu’elle n’ait pas eu de conversation approfondie avec le Dr Christova à son arrivée, la médecin remplaçante semblait s’adapter et affirmait ne rencontrer aucun problème. Cependant, certains patients se seraient plaints de difficultés à comprendre le Dr Christova, mais cette question n’a pas été incluse dans la plainte formelle déposée auprès du Conseil médical.
Le comité a estimé que toutes les mesures nécessaires avaient été prises pour informer le Dr Christova des conséquences de son absence à l’enquête et a décidé de poursuivre les investigations. Afin de protéger la vie privée des patients mineurs impliqués, ainsi que celle de leurs parents, le comité a ordonné l’anonymisation de leurs identités. L’enquête se poursuit ce mercredi.
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