Publié le 9 décembre 2025. Des chercheurs de l’Université de Fribourg ont mis au point un microscope à fluorescence de haute précision, compatible avec les smartphones, qui pourrait révolutionner le diagnostic médical en le rendant plus rapide, plus accessible et moins coûteux, même dans les régions les plus isolées.
- Un nouveau microscope à fluorescence, utilisable avec un simple smartphone, a été breveté par une équipe de l’Université de Fribourg.
- L’appareil permet une localisation précise des molécules, avec une résolution de 86 nanomètres (0,000086 millimètre), soit onze fois supérieure aux modèles existants.
- Son faible coût (moins de 350 euros) et sa simplicité d’utilisation ouvrent la voie à des diagnostics médicaux rapides et décentralisés.
Le microscope à fluorescence, outil essentiel en biologie et en médecine depuis plus d’un siècle, permet d’observer des cellules vivantes, d’étudier le cerveau ou encore de comprendre des maladies complexes comme le cancer et la maladie d’Alzheimer. Cependant, les modèles traditionnels sont souvent encombrants, coûteux et nécessitent une infrastructure importante, limitant leur utilisation sur le terrain ou par du personnel non spécialisé.
Pour pallier ces inconvénients, le professeur Guillermo Pedro Acuna, du Département de physique de l’Université de Fribourg, a eu l’idée d’exploiter la puissance et la polyvalence des smartphones. « Ces appareils offrent de nombreux avantages », explique le spécialiste. « Ils sont produits en masse, ce qui les rend économiques, disposent d’excellents capteurs d’images et d’une puissance de calcul élevée. » L’utilisation des smartphones en médecine se développe rapidement, notamment pour le suivi de la santé et les diagnostics rapides.
Si des microscopes à fluorescence compatibles avec les smartphones existent déjà depuis une dizaine d’années, leur sensibilité restait limitée. C’est Morgane Loretan, doctorante dans le groupe du Pr Acuna, qui a permis de franchir une nouvelle étape en utilisant une technique de microscopie à super-résolution. « Grâce à cette méthode, nous avons pu générer des images avec une précision de localisation de 86 nanomètres, ce qui correspond à une résolution onze fois supérieure », précise la chercheuse, lauréate du prix Innovation Challenge 2023 pour ce travail. Ces résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications.
L’appareil développé par les chercheurs fribourgeois est remarquablement compact : il ne pèse que 1,2 kilogramme et tient dans une boîte à chaussures. Son coût, inférieur à 350 euros, et sa facilité d’utilisation en font un outil prometteur pour de nombreuses applications. « Par exemple, un médecin pourrait rapidement déterminer si les symptômes d’un patient sont d’origine bactérienne ou virale », illustre Morgane Loretan. « Cela permettrait d’éviter l’utilisation inutile d’antibiotiques. »
Les applications potentielles ne se limitent pas au diagnostic des infections. L’équipe de Fribourg envisage également d’utiliser son microscope pour analyser des cellules cancéreuses, observer des échantillons de tissus frais ou encore mesurer la présence de substances dangereuses dans l’environnement. Grâce à la connectivité des smartphones, les résultats des analyses peuvent être transmis à distance et évalués à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, ouvrant la voie à une révolution du diagnostic médical et de la prévention.
Ce dispositif pourrait ainsi rendre le diagnostic médical plus rapide, plus fiable et accessible à un plus grand nombre, même dans les zones dépourvues d’infrastructures médicales sophistiquées.