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Un modèle de cerveau cultivé offre de l’espoir aux bébés prématurés

Publié le 2025-11-11 14:55:00. Des chercheurs suédois ont mis au point un modèle cérébral miniature en laboratoire qui pourrait révolutionner la prévention des lésions cérébrales chez les nouveau-nés prématurés, en permettant de tester des traitements ciblés et d'étudier…

Un modèle de cerveau cultivé offre de l’espoir aux bébés prématurés

Publié le 2025-11-11 14:55:00. Des chercheurs suédois ont mis au point un modèle cérébral miniature en laboratoire qui pourrait révolutionner la prévention des lésions cérébrales chez les nouveau-nés prématurés, en permettant de tester des traitements ciblés et d’étudier les mécanismes de l’hémorragie intraventriculaire.

  • Un nouveau modèle de cerveau humain en laboratoire permet d’étudier l’impact des hémorragies cérébrales sur les cellules souches neurales.
  • Ce modèle a permis d’identifier un traitement potentiel, un antagoniste de l’interleukine-1 (IL-1), capable de réduire les dommages.
  • L’étude confirme que l’inflammation joue un rôle clé dans les lésions cérébrales des prématurés.

L’hémorragie intraventriculaire (IVH) représente l’une des complications neurologiques les plus graves pour les bébés nés prématurément. Elle survient lorsque des vaisseaux sanguins fragiles dans le cerveau du nourrisson saignent, libérant des substances inflammatoires qui peuvent perturber le développement cérébral et entraîner des séquelles neurologiques à long terme. Jusqu’à présent, les recherches sur l’IVH se heurtaient à la difficulté de reproduire fidèlement la complexité du cerveau humain en dehors du corps.

Pour pallier ce manque, une équipe de scientifiques issus du KTH Royal Institute of Technology, du Karolinska Institutet, des universités de Lund et de Malmö, en collaboration avec l’Université Ege en Turquie et l’Université Harvard, a développé un modèle in vitro particulièrement sophistiqué. Ce « mini-cerveau », constitué de tissu cérébral dérivé de cellules souches humaines, imite de manière précise la réaction des cellules souches neurales et des cellules gliales face à un saignement cérébral. Il offre ainsi une plateforme inédite pour étudier les processus inflammatoires et de réparation tissulaire.

« Au lieu de rester prêtes à se différencier en divers types de cellules cérébrales, les cellules souches commencent à se modifier prématurément ou cessent complètement de se développer », explique la professeure Anna Herland, maître de conférences au centre de recherche AIMES (une initiative conjointe du KTH et du Karolinska).

« Cela perturbe le développement du cerveau et augmente le risque de dommages neurologiques à long terme. »

Anna Herland, professeure et maître de conférences au centre de recherche AIMES

Grâce à ce modèle révolutionnaire, les chercheurs ont pu tester pour la première fois un antidote ciblé : un antagoniste de l’IL-1. Les résultats, récemment publiés dans la revue Advanced Science, démontrent que ce composé est capable de réduire la réponse inflammatoire et de protéger partiellement les cellules souches neurales.

L’étude a également analysé le liquide céphalo-rachidien (LCR) de bébés ayant subi une hémorragie cérébrale. Les analyses ont révélé que, bien que le LCR provoque des changements cellulaires similaires à ceux observés dans le modèle in vitro, les effets sont moins prononcés en raison de concentrations plus faibles de substances toxiques et de la présence de nutriments protecteurs et de protéines anti-inflammatoires.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement validé pour prévenir ou traiter les lésions cérébrales chez les bébés prématurés. Les chercheurs espèrent que ce nouveau modèle permettra de tester de futures interventions thérapeutiques dans un environnement plus proche de la physiologie humaine, sans compromettre la sécurité des patients. Ils envisagent d’étendre le modèle pour simuler différents degrés de lésions et d’évaluer l’efficacité de médicaments plus prometteurs.

Cette avancée s’inscrit dans une tendance plus large à l’utilisation de technologies innovantes pour étudier le cerveau. Il y a quelques semaines, des scientifiques de l’Université de Rochester ont présenté une technologie de « cerveau sur puce » permettant d’étudier la manière dont le cerveau se protège dans des conditions telles que la septicémie ou les maladies neurodégénératives. Cette approche, qui utilise des micropuces contenant des tissus humains, offre une alternative aux expérimentations animales et pourrait ouvrir la voie à des traitements personnalisés.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.