Publié le 27 décembre 2023 06:33:00. L’inflammation chronique, mesurée par la protéine C-réactive (CRP), s’avère un indicateur plus fiable du risque de maladies cardiovasculaires que le taux de « mauvais » cholestérol (LDL). Cette découverte conduit à de nouvelles recommandations de dépistage pour une meilleure prévention.
- L’American College of Cardiology (ACC) recommande désormais le dépistage systématique de la CRP en complément de l’évaluation du cholestérol.
- La CRP, un marqueur de l’inflammation, est un meilleur prédicteur de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux que le LDL.
- Le mode de vie, notamment l’alimentation et l’activité physique, joue un rôle crucial dans la régulation des niveaux de CRP.
Depuis des décennies, l’évaluation du risque cardiovasculaire s’est principalement basée sur les taux de cholestérol. Cependant, des recherches récentes mettent en lumière le rôle central de l’inflammation chronique de bas grade dans le développement des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux. Un marqueur clé de cette inflammation, la protéine C-réactive (CRP), fournit désormais des informations plus pertinentes pour évaluer le risque.
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de décès aux États-Unis. Dans les années 1950, le lien entre l’alimentation, le cholestérol et les maladies cardiaques a conduit à une évaluation du risque basée sur les taux de cholestérol sanguin, facilement mesurables grâce à des analyses de routine.
Au cours des vingt dernières années, les preuves s’accumulent pour démontrer que la CRP, un biomarqueur signalant une inflammation de faible intensité, est un meilleur prédicteur du risque cardiovasculaire que le cholestérol. La CRP est produite par le foie en réponse à des infections, des lésions tissulaires, des affections inflammatoires chroniques (comme les maladies auto-immunes) et des troubles métaboliques tels que l’obésité et le diabète. Elle reflète l’activation du système immunitaire et peut être mesurée facilement par une simple analyse de sang.
Un niveau inférieur à 1 milligramme par décilitre (mg/dL) indique une inflammation minime et est associé à une protection cardiovasculaire, tandis qu’une valeur supérieure à 3 mg/dL signale une inflammation accrue et un risque plus élevé de maladie cardiaque. Environ 52 % des Américains présentent des niveaux élevés de ce marqueur.
Des études ont démontré que la CRP est un meilleur prédicteur de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral que le « mauvais » cholestérol, ou LDL (lipoprotéine de basse densité), ou encore la lipoprotéine(a), un autre marqueur génétiquement déterminé. Une étude a même montré que la valeur prédictive de la CRP pour les maladies cardiaques est comparable à celle de la tension artérielle.
L’inflammation est impliquée à toutes les étapes de la formation de plaques dans les artères, un processus appelé athérosclérose, qui peut conduire à un infarctus du myocarde et à un accident vasculaire cérébral. Dès qu’un vaisseau sanguin est affecté, par exemple par une hyperglycémie ou la fumée de cigarette, les cellules immunitaires pénètrent dans la zone et incorporent les particules de cholestérol du sang, formant ainsi la plaque graisseuse dans la paroi vasculaire. Ce processus est lent, s’étalant sur des décennies, jusqu’à ce que des substances libérées par le système immunitaire puissent fissurer ou déchirer le revêtement de la plaque. Un caillot sanguin se forme alors et peut bloquer le vaisseau, interrompant la circulation et entraînant un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. Le cholestérol n’est donc qu’une partie du mécanisme, le système immunitaire étant impliqué à chaque étape de la maladie.
Le mode de vie a une influence considérable sur le niveau de CRP. Une alimentation riche en fibres alimentaires provenant des légumineuses, des légumes, des noix et des graines, ainsi que la consommation de baies, d’huile d’olive, de thé vert, de graines de chia et de lin, sont associées à une diminution de ce marqueur. La perte de poids et une activité physique régulière contribuent également à réduire les niveaux de CRP.
Bien que le cholestérol ne soit plus considéré comme le prédicteur le plus important du risque cardiovasculaire, il reste pertinent. Il ne s’agit pas seulement de la quantité de cholestérol LDL, mais aussi du nombre de particules dans lesquelles il est transporté. Un nombre plus élevé de particules est synonyme d’un risque accru. Le test de l’apolipoprotéine B, qui mesure le nombre de ces particules, fournit une estimation plus précise du risque que le cholestérol LDL total.
Les niveaux d’apolipoprotéine B sont influencés par l’alimentation, l’exercice et le poids. Les fibres, les noix et les acides gras oméga-3 sont associés à un niveau plus faible de particules, tandis qu’une consommation accrue de sucre est liée à un nombre plus élevé. La lipoprotéine(a), une protéine associée aux particules de cholestérol, est un autre marqueur qui estime le risque cardiovasculaire plus précisément que le cholestérol, car elle favorise leur rétention dans la plaque athéroscléreuse. Contrairement à d’autres facteurs, le niveau de lipoprotéine(a) est déterminé génétiquement, n’est pas influencé par le mode de vie et ne nécessite d’être mesuré qu’une seule fois dans la vie.
En conclusion, les maladies cardiaques résultent de l’interaction de plusieurs facteurs de risque tout au long de la vie, et la prévention va au-delà d’un simple régime sans cholestérol. Connaître les niveaux de cholestérol LDL, de protéine C-réactive, d’apolipoprotéine B et de lipoprotéine(a) fournit une image plus complète du risque et peut encourager l’adoption à long terme de mesures fondamentales de prévention cardiovasculaire.
L’article ci-dessus est uniquement destiné à votre information personnelle. Si vous représentez une institution médiatique ou une entreprise et souhaitez un accord pour republier nos articles, veuillez nous envoyer un e-mail à [email protected].