Home SantéUn outil d’IA prédit le risque de crise cardiaque chez les patients angineux

Un outil d’IA prédit le risque de crise cardiaque chez les patients angineux

by Sophie Martin

Publié le 15 décembre 2025 07:02:00. Une nouvelle étude à grande échelle confirme que l’analyse par intelligence artificielle du flux sanguin coronarien, grâce à la réserve de débit fractionnaire dérivée du CT (FFR-CT), permet non seulement de diagnostiquer les maladies cardiaques, mais aussi de prédire le risque d’événements cardiovasculaires majeurs, indépendamment des facteurs de risque traditionnels.

  • L’étude FISH&CHIPS, menée auprès de près de 8 000 patients au Royaume-Uni, démontre que la FFR-CT améliore la stratification du risque de crise cardiaque, de décès cardiovasculaires et de la nécessité d’une revascularisation.
  • Les patients présentant les valeurs de FFR-CT les plus basses présentent un risque accru de crise cardiaque (jusqu’à quatre fois plus élevé) et de décès cardiovasculaires (jusqu’à trois fois plus élevé).
  • Cette analyse pourrait permettre une prise en charge plus personnalisée des patients atteints de coronaropathie stable, en ciblant les traitements sur ceux qui en ont le plus besoin.

Des chercheurs du Liverpool Heart and Chest Hospital ont mis en évidence le potentiel pronostique de la FFR-CT, une technique d’imagerie médicale basée sur l’intelligence artificielle. La FFR-CT analyse les images issues d’une angiographie coronaire par tomodensitométrie (CCTA) pour estimer le flux sanguin dans les artères coronaires. L’étude, publiée dans une revue spécialisée, s’appuie sur les données de l’étude FISH&CHIPS (Fractional flow reserve from CT angiography to Inform patient management Strategies and Health outcomes – Coronary artery disease) qui a inclus 90 553 patients ayant subi une CCTA.

Parmi ces patients, 7 836 ont bénéficié d’une analyse FFR-CT. L’âge médian des participants était de 63 ans, et 37,4 % étaient des femmes. Sur une période de suivi médiane de 3,1 ans, les chercheurs ont observé 191 infarctus du myocarde (2,4 %), 1 573 revascularisations (20,1 %), 74 décès cardiovasculaires (0,9 %) et 261 décès toutes causes confondues (3,3 %). L’analyse a révélé une corrélation directe entre les valeurs de FFR-CT et le risque d’événements cardiovasculaires : plus la valeur de FFR-CT était basse, plus le risque était élevé.

Plus précisément, un infarctus du myocarde a été constaté chez 1,0 % des patients avec une FFR-CT normale (> 0,8), 2,0 % de ceux avec une FFR-CT limite (0,71 à 0,8), 3,9 % de ceux avec une FFR-CT réduite (0,51 à 0,7) et 5,2 % de ceux avec une FFR-CT sévèrement réduite (≤ 0,5). Ces résultats étaient indépendants des facteurs de risque cardiovasculaire classiques tels que l’âge, le sexe, l’hypertension artérielle, le diabète et les anomalies lipidiques.

« En plus de ses capacités diagnostiques, cette étude est la première à fournir des preuves concluantes du pouvoir pronostique de la FFR-CT, indépendamment d’autres facteurs de risque. Nous avons observé que même la FFR-CT dite “limite” était associée à de pires résultats par rapport aux valeurs normales, mais les individus avec les valeurs les plus faibles présentent le risque le plus élevé. »

Timothy Fairbairn, professeur au Liverpool Heart and Chest Hospital

Selon le docteur Jack Bell, également du Liverpool Heart and Chest Hospital, qui a présenté l’étude, ces résultats suggèrent que la FFR-CT pourrait être utilisée pour affiner l’évaluation du risque chez les patients atteints de coronaropathie stable et guider les décisions thérapeutiques. Une évaluation plus précise du risque permettrait d’intensifier le traitement chez les patients les plus vulnérables et d’éviter des interventions inutiles chez ceux qui présentent un risque plus faible.

Source: Société européenne de cardiologie

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