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Un photographe italien capture deux phénomènes atmosphériques extrêmement rares en une seule image

by Thomas Caron

Publié le 14 décembre 2023 15h45. Un photographe italien a capturé un phénomène atmosphérique exceptionnel : la simultanéité d’un sprite rouge et d’une émission de lumière et de perturbations à très basse fréquence (ELVE), deux événements rares et éphémères survenus au-dessus du nord de l’Italie.

  • Un photographe italien, Valter Binotto, a réussi à photographier simultanément un sprite rouge et une ELVE.
  • Ces phénomènes lumineux transitoires (TLE) sont déclenchés par des décharges électriques intenses dans la haute atmosphère.
  • Bien que documentés depuis les années 1980 et 1990, les sprites et les ELVE restent difficiles à observer en raison de leur brièveté.

L’image saisissante a été prise dans le ciel du nord de l’Italie, à proximité de Venise, après un éclair particulièrement puissant qui a frappé la région située entre la péninsule italienne et les Balkans. Cette décharge a généré une impulsion électromagnétique qui s’est propagée sur des centaines de kilomètres, activant presque instantanément ces deux phénomènes au-dessus de la ville de Possano.

Valter Binotto, spécialisé dans la photographie des événements lumineux dans la haute atmosphère, a immortalisé un sprite rouge, une structure diffuse en forme de disque rouge entourée de décharges lumineuses évoquant des tentacules. Simultanément, il a capturé une ELVE, une émission de lumière et de perturbations à très basse fréquence (ELVE), qui se manifeste sous la forme d’anneaux de lumière en expansion rapide dans l’ionosphère.

Les ELVE, dont l’acronyme signifie Émissions de Lumière et Perturbations à Très Basse Fréquence dues aux Sources d’Impulsions Electromagnétiques, apparaissent lorsqu’un faisceau extrêmement puissant produit une impulsion électromagnétique intense. Les sprites, quant à eux, sont des décharges électriques qui s’élèvent dans la haute atmosphère, atteignant des altitudes comprises entre 50 et 90 kilomètres (environ 31 à 56 miles). Leur couleur rougeâtre caractéristique est due à l’excitation des molécules d’azote.

Ces deux phénomènes font partie des événements lumineux transitoires (TLE), un groupe qui comprend également les chats bleus, les trolls et les fantômes. Bien qu’associés aux orages, leur étude reste complexe en raison de leur durée extrêmement courte, de seulement quelques millisecondes, et de la difficulté d’observation directe.

« Depuis plus de 10 ans, je travaille à photographier des sprites. J’ai réussi à en capturer des centaines, mais seulement trois ELVE, dont cet événement double particulièrement inhabituel en raison des conditions spécifiques requises. »

Valter Binotto, photographe

Selon Binotto, l’image révèle une double formation : le sprite, visible comme une structure rouge en forme de tentacule au centre, et l’ELVE, qui se présente sous la forme d’un disque rouge l’entourant. Il a partagé ses observations sur ses réseaux sociaux.

Pour obtenir de telles images, Binotto utilise un équipement spécialisé, notamment un appareil photo conçu pour l’astrophotographie, doté d’une sensibilité accrue à la lumière infrarouge, permettant de capturer des flashs presque imperceptibles à l’œil nu.

Bien que leur apparence puisse rappeler les aurores boréales, le mécanisme physique qui les génère est différent. Les sprites et les ELVE sont produits par l’excitation de l’azote causée par des décharges électriques extrêmes, et non par des particules solaires.

Les sprites ont été documentés pour la première fois en 1989, tandis que les ELVE ont été identifiés en 1990 grâce aux observations des astronautes à bord de la navette spatiale Discovery. Ces phénomènes atmosphériques fournissent des informations précieuses pour comprendre l’interaction entre les orages et l’ionosphère.

Binotto souligne que l’accès à la photographie de ces phénomènes est devenu plus facile grâce à la disponibilité de ressources en ligne qui expliquent comment identifier et enregistrer ces événements atmosphériques rares. Plus d’informations sur cette découverte sont disponibles sur IFLScience.

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