Home Technologie et scienceUn radiotélescope détecte le signal de la comète 3I/ATLAS – DW – 12/11/2025

Un radiotélescope détecte le signal de la comète 3I/ATLAS – DW – 12/11/2025

by Thomas Caron

Publié le 12 novembre 2025 17h48. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, continue de fasciner les scientifiques, oscillant entre hypothèses classiques et spéculations audacieuses sur une possible origine artificielle.

  • La comète 3I/ATLAS, découverte en juillet 2025, est seulement le troisième visiteur interstellaire connu de notre système solaire.
  • Des observations récentes, notamment grâce au radiotélescope sud-africain MeerKAT, suggèrent fortement qu’il s’agit bien d’une comète et non d’une sonde extraterrestre.
  • Cette comète pourrait être l’objet le plus ancien jamais observé dans notre système solaire, avec un âge estimé à plus de 7 milliards d’années.

Depuis son apparition sur les radars astronomiques le 1er juillet 2025, l’objet interstellaire 3I/ATLAS captive l’attention des scientifiques et du grand public. Certains la considèrent comme une simple comète, bien qu’elle se distingue par son origine extérieure à notre système solaire – d’où la désignation « 3I » dans son nom. D’autres, intrigués par son comportement atypique, n’excluent pas l’hypothèse d’une création artificielle.

Les débats ont été alimentés par des observations troublantes et des déclarations audacieuses, notamment celles de l’astrophysicien de Harvard, Avi Loeb. Ce dernier a récemment réitéré la possibilité d’une origine non naturelle, notamment lors d’une apparition sur le célèbre podcast de Joe Rogan, comme il l’avait déjà fait par le passé avec l’objet interstellaire ‘Oumuamua.

Cependant, les données les plus récentes tendent à confirmer ce que la majorité des astronomes pensent : 3I/ATLAS est bien une comète. Une avancée décisive a été réalisée grâce au radiotélescope sud-africain MeerKAT, un réseau de 64 antennes de 13,5 mètres de diamètre, qui a capté pour la première fois un signal radio associé à la comète.

Ce signal, enregistré le 24 octobre, cinq jours avant que la comète n’atteigne son périhélie (le point le plus proche du Soleil, à environ 210 millions de kilomètres de notre étoile), correspond à des raies d’absorption radio produites par les radicaux hydroxyles (OH) à des fréquences de 1 665 et 1 667 MHz, comme l’expliquent les chercheurs dans The Astronomer’s Telegram. La formation de ces molécules OH est un processus naturel lié à la décomposition de l’eau par la lumière solaire, une caractéristique typique des comètes.

Ce résultat est d’autant plus significatif que les deux tentatives précédentes, menées en septembre, n’avaient pas abouti. C’est la position plus favorable de la comète en octobre, plus proche du Soleil, qui a permis cette détection.

Si 3I/ATLAS était un vaisseau spatial métallique, comme certains l’ont suggéré, les télescopes n’auraient pas détecté ces molécules. Ce type de signaux a déjà été observé dans divers environnements cosmiques, des comètes aux nébuleuses en passant par les zones de formation d’étoiles, toujours en lien avec des processus chimiques naturels.

Avi Loeb a salué cette découverte comme « la première détection radio de 3I/ATLAS » et a reconnu sur son blog la validité de l’observation, tout en maintenant la possibilité d’une origine artificielle.

Au-delà des spéculations, 3I/ATLAS présente des caractéristiques exceptionnelles. Comme l’a rapporté DW, on estime que cette comète pourrait avoir plus de 7 milliards d’années, ce qui en ferait l’objet le plus ancien jamais observé dans notre système solaire.

Sa composition est également surprenante : elle contient une proportion inhabituellement élevée de dioxyde de carbone et, selon les observations du télescope James Webb, seulement des traces d’eau (environ 4% de sa masse). Cependant, d’autres observations ont détecté des signes évidents de dégazage aqueux.

Ces anomalies ne sont pas nécessairement le signe d’une technologie extraterrestre, mais plutôt le reflet des limites de nos connaissances actuelles. Comme le rappelle l’astronome Laura Nicole Driessen dans un article publié dans The Conversation, les discussions prématurées sur les extraterrestres peuvent masquer les véritables merveilles scientifiques que des objets comme 3I/ATLAS nous permettent d’explorer : des indices sur la chimie des systèmes planétaires lointains, les processus de formation des étoiles et l’évolution des comètes interstellaires.

Des théories plus audacieuses ont également circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias alternatifs, suggérant que la comète se serait fragmentée ou que des sondes auraient été déployées. Ces hypothèses ont été rapidement écartées par des experts, tels que Qicheng Zhang de l’Observatoire Lowell, qui a déclaré dans Live Science qu’il n’y a aucune preuve que le noyau de 3I/ATLAS s’est désintégré : « Toutes les images que j’ai vues montrent une belle comète assez normale. »

La comète poursuit sa trajectoire. Le 19 décembre, elle atteindra son approche la plus proche de la Terre, et quelques mois plus tard, le 16 mars 2026, elle passera à une distance d’environ 53 millions de kilomètres de Jupiter.

L’histoire de 3I/ATLAS nous rappelle que l’univers recèle encore de nombreux mystères, et que l’absence de réponses ne signifie pas nécessairement l’existence de complots. Comme l’a dit Carl Sagan, « Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires. »

Rédaction : Felipe Espinosa Wang avec des informations de Live Science, Wired et The Conversation.

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