Home SantéUn scientifique provoque des tensions mondiales en créant une bière qui agit comme un vaccin oral

Un scientifique provoque des tensions mondiales en créant une bière qui agit comme un vaccin oral

by Sophie Martin

Publié le 27 décembre 2023 18h00. Un virologue américain a créé une bière génétiquement modifiée capable d’induire une réponse immunitaire contre un virus potentiellement dangereux, une approche expérimentale qui soulève des questions éthiques et réglementaires.

  • Un chercheur des NIH a développé une bière contenant un vaccin oral contre un polyomavirus.
  • L’auto-expérimentation et la création d’une société de recherche indépendante ont contourné les procédures réglementaires habituelles.
  • Cette innovation suscite un débat sur la sécurité, l’efficacité et la confiance du public envers la vaccination.

Un virologue des National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis a créé la surprise dans la communauté scientifique en développant une bière capable de fonctionner comme un vaccin oral contre un polyomavirus potentiellement dangereux. Chris Buck, le chercheur à l’origine de cette découverte, est connu pour avoir identifié quatre des treize polyomavirus humains connus. Afin d’éviter les lenteurs administratives, il a décidé de tester lui-même l’efficacité de ce vaccin comestible.

Cette boisson inhabituelle contient de la levure génétiquement modifiée pour produire des particules similaires au polyomavirus BK, un virus associé à des cancers et à des complications graves chez les personnes immunodéprimées, notamment les patients transplantés. Selon ScienceActualités, Buck affirme que la consommation de cette bière induit la production d’anticorps contre différents sous-types du virus, sans effets indésirables signalés. Des membres de sa famille proche ont également participé à cette expérimentation.

Le 17 décembre, le scientifique a rendu publiques les données préliminaires sur la plateforme Zénodo, sans que ces résultats aient été soumis à l’évaluation par les pairs. Il a également publié la méthode de fabrication de cette « bière vaccinale » et partagé ses progrès sur son blog. Les informations divulguées incluent des tests réalisés sur des souris ainsi que son auto-expérimentation, un aspect qui a immédiatement suscité la controverse.

Un dilemme éthique et une contestation juridique

Les comités d’éthique des NIH ont fermement désapprouvé l’auto-expérimentation dans tout contexte institutionnel et ont remis en question la publication de ces travaux sur des serveurs scientifiques traditionnels. Buck a défendu ses actions en affirmant qu’elles s’étaient déroulées en dehors du laboratoire officiel et relevaient de sa vie privée.

Pour contourner les restrictions réglementaires, il a créé la Société de recherche Gusteau, une organisation à but non lucratif qui lui a permis de produire et de consommer cette bière vaccinale sans lien direct avec les NIH. Le nom de cette société est une référence au chef cuisinier du film Ratatouille, illustrant l’idée que « tout le monde peut cuisiner », appliquée ici au domaine scientifique.

Buck soutient que cette boisson pourrait être classée comme un complément alimentaire, car elle utilise des levures considérées comme sûres pour la consommation humaine. Selon lui, cette classification permettrait un accès plus rapide au marché, sans les essais cliniques rigoureux requis pour un vaccin conventionnel. Cependant, les spécialistes soulignent que cette interprétation réglementaire est à la fois controversée et risquée.

Promesses scientifiques et risques réels

Ce projet est né d’une recherche entamée il y a plus de quinze ans, visant à développer un vaccin injectable contre le polyomavirus BK. Des études sur des animaux ont montré que les particules virales produites par la levure induisaient de fortes réponses immunitaires. Des recherches récentes ont également révélé que des souris ayant consommé de la levure vivante développaient des anticorps, suggérant que l’administration orale pourrait être efficace.

Si cette technologie s’avère concluante, elle pourrait ouvrir la voie à des vaccins à faible coût, faciles à stocker et à administrer, et incorporés directement dans les aliments, y compris la bière. Buck estime que cette stratégie pourrait également être appliquée contre la COVID-19, la grippe aviaire et certains cancers associés au virus du papillome humain (VPH).

Les chercheurs soulignent que les données humaines se limitent actuellement à Buck et à quelques membres de sa famille. Il n’existe pas d’essais cliniques ni d’évaluations systématiques des effets secondaires. Les experts mettent également en garde contre l’impact potentiel sur la confiance du public envers la vaccination, en l’associant à des boissons alcoolisées artisanales produites dans des environnements non contrôlés.

Dans un contexte marqué par la désinformation sur la vaccination, la notion de « bière vaccinale » pourrait être mal comprise ou exploitée par les mouvements anti-vaccins.

Innovation contre responsabilité publique

Buck a expliqué que les cas de patients et d’amis touchés par des maladies évitables l’avaient incité à développer ce projet. Il a critiqué les processus réglementaires, qu’il juge trop lents et susceptibles de coûter des vies, comme il l’a exprimé sur son blog.

Les bioéthiciens et les virologues ont rétorqué que ces processus sont précisément destinés à garantir la sécurité, l’efficacité et la confiance sociale. Le virologue Bryce Chackerian, du Centre des sciences de la santé de l’Université du Nouveau-Mexique, a déclaré que les systèmes de test des vaccins sont essentiels pour garantir des produits fiables et protéger la santé publique.

*La création de ce contenu a été assistée par l’intelligence artificielle. La source de ces informations provient des médias du Grupo de Diarios América (GDA) et est révisée par un éditeur pour garantir son exactitude. Le contenu n’a pas été généré automatiquement.

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