Home MondeUn soutien indéfectible à l’Ukraine – Point de vue international

Un soutien indéfectible à l’Ukraine – Point de vue international

by Clara Dubois

Publié le 24 septembre 2025. Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, les efforts de paix restent bloqués face aux exigences maximalistes de Moscou et aux divisions occidentales, tandis que des tensions sociales émergent au sein même de l’Ukraine.

  • Les négociations de paix sont au point mort, la Russie maintenant ses conditions initiales, notamment la reconnaissance des territoires occupés et le renvoi de Volodymyr Zelensky.
  • Donald Trump a été critiqué pour avoir semblé privilégier les intérêts russes et avoir affaibli le soutien occidental à l’Ukraine.
  • Malgré la guerre, une société civile dynamique en Ukraine s’oppose à la fois à l’agression russe et aux réformes néolibérales du gouvernement Zelensky.

L’impasse diplomatique se confirme alors que la Russie ne montre aucun signe de flexibilité dans ses objectifs de guerre. Vladimir Poutine réaffirme ses exigences, qui incluent la reconnaissance par l’Ukraine des territoires occupés, le départ du président Zelensky, un veto sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et une réduction significative des forces armées ukrainiennes. Il a même suggéré que Zelensky se rende à Moscou pour des négociations, une proposition perçue comme une tentative d’humilier et de contraindre l’Ukraine à la capitulation.

Cette intransigeance russe contraste avec les signaux mitigés émanant de certains cercles occidentaux. L’ancien président américain Donald Trump a été particulièrement critiqué pour sa position sur le conflit. Initialement, il a menacé de sanctions plus sévères contre la Russie si elle n’acceptait pas un cessez-le-feu, mais a ensuite semblé privilégier les intérêts de Moscou, notamment en suggérant que l’Ukraine cède des territoires en échange d’un accord de paix. Cette proposition a été largement interprétée comme une acceptation de facto de l’annexion russe du Donbass et de la Crimée.

Les critiques soulignent également que Trump a laissé aux pays européens le soin de financer l’effort de guerre ukrainien en achetant des armes aux États-Unis. De plus, les droits de douane de 50 % imposés par les États-Unis sur le pétrole russe acheté par des pays comme l’Inde semblent davantage motivés par des considérations protectionnistes et une volonté de diviser les pays entretenant des liens avec la Russie, comme la Chine, que par un réel soutien à l’Ukraine. Trump a publiquement exprimé sa frustration face au manque de concessions de Poutine, affirmant avoir été « joué », mais ces déclarations n’ont pas semblé perturber le Kremlin.

Parallèlement à la lutte contre l’agression russe, l’Ukraine est confrontée à des tensions sociales internes liées aux réformes économiques promues par le gouvernement Zelensky. En mai, la Rada (parlement ukrainien) a adopté un accord avec les États-Unis concernant l’extraction et la fourniture de terres rares, suscitant des inquiétudes quant à une perte de souveraineté économique. Des manifestants ont également protesté contre la privatisation de la Maison des syndicats par l’entreprise KAMparitet, exigeant sa restitution à la Fédération des syndicats d’Ukraine.

En juillet, des manifestations massives ont éclaté dans tout le pays contre une loi adoptée en urgence par la Rada, qui affaiblissait l’indépendance des organismes anti-corruption, le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anti-corruption (SAPO). Face à la pression populaire, Zelensky a finalement été contraint de revenir sur cette décision et de rétablir l’indépendance de ces institutions. Le 5 septembre, de nouvelles protestations ont eu lieu à Kiev contre des projets de loi prévoyant des sanctions pénales plus sévères pour les soldats en cas de désobéissance, une mesure qui a également été abandonnée suite aux manifestations.

Ces mouvements sociaux témoignent de la vitalité de la société civile ukrainienne, qui continue de s’organiser et de défendre ses droits malgré la guerre. Des organisations syndicales, féministes et socialistes indépendantes proposent une alternative au néolibéralisme de Zelensky, en défendant les salaires, les droits des travailleurs et les conditions de travail, tout en participant à la défense du pays.

L’Occident, quant à lui, est divisé sur la meilleure façon de soutenir l’Ukraine. Certains pays privilégient une fin rapide du conflit pour normaliser les relations commerciales avec la Russie, tandis que d’autres souhaitent affaiblir Moscou à long terme. Cette divergence se traduit par un manque de coordination et un soutien militaire insuffisant à l’Ukraine. Les États-Unis, en particulier, semblent désireux de normaliser leurs relations avec la Russie, en raison à la fois de l’admiration de Trump pour Poutine et des intérêts du capital américain. La récente visite de l’envoyé américain Kellogg en Biélorussie, un allié clé de la Russie, et la libération de prisonniers politiques en échange de l’autorisation pour Boeing de fournir des pièces de rechange à la compagnie aérienne biélorusse en sont un exemple.

Malgré les difficultés, les Ukrainiens continuent de résister à l’invasion russe et de refuser toute capitulation. Le fait que la Russie n’ait pas réussi à atteindre ses objectifs initiaux après plus de trois ans de guerre témoigne de la détermination du peuple ukrainien.

Pour soutenir l’Ukraine :

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