Home SantéUn spécialiste révèle les effets méconnus de l’entraînement en force sur le cerveau

Un spécialiste révèle les effets méconnus de l’entraînement en force sur le cerveau

by Sophie Martin

Publié le 8 décembre 2025 12:54:00. Au-delà de cinquante ans, le bien-être physique et mental n’est pas une chimère. Un psychologue et « biohacker » argentin révèle comment « pirater » son cerveau et adopter des habitudes ancestrales pour une vie plus longue et plus saine.

  • Le « biohacking » consiste à modifier ses habitudes de vie pour optimiser son bien-être, en combinant science, technologie et traditions ancestrales.
  • Des pratiques simples comme le jeûne intermittent, l’exposition au froid et l’entraînement en force peuvent avoir un impact systémique sur la santé physique et mentale.
  • Développer une « réserve cognitive » en stimulant constamment son esprit est essentiel pour prévenir le déclin cognitif lié à l’âge.

Le temps qui passe n’est pas nécessairement synonyme de perte. Au contraire, l’acceptation de la vieillesse peut être un moment de bonheur, une période propice à la sagesse et à la valorisation des expériences accumulées. C’est le message que semble porter l’œuvre de Jorge Luis Borges, Éloge de l’ombre, et que confirme Marcos Apud, psychologue argentin et spécialiste de la longévité, pionnier du « biohacking ».

Loin de considérer le dépassement de la cinquantaine comme un déclin inéluctable, Apud souligne que l’espérance de vie s’allonge et que des méthodes existent pour prolonger le bien-être physique et mental. Son parcours a débuté il y a plus de vingt ans, lors d’un congrès de psychothérapie à Rome, où il a été frappé par une statistique troublante :

« Si vous êtes psychothérapeute, vous vivrez 10 ans de moins. »

Marcos Apud, psychologue et biohacker

Dès lors, il s’est donné pour mission de démontrer que cette affirmation n’était pas une fatalité.

Auteur de Bien plus qu’humain et de Neurolongévité : un cerveau qui dure cent ans, Marcos Apud a expliqué à La Nación les principes fondamentaux du « biohacking », une approche qui consiste à « pirater » le cerveau pour améliorer la qualité de vie. Il définit le biohacking comme un véritable style de vie :

« Nous modifions les habitudes liées à nos piliers fondamentaux du bien-être : le sommeil, la nutrition, l’activité physique, la gestion du stress, la supplémentation, la connexion avec la nature et l’hygiène électromagnétique. »

Marcos Apud, psychologue et biohacker

L’objectif ? Retrouver des habitudes ancestrales – exposition au froid et à la chaleur, au soleil et à la nature – en les combinant avec les avancées technologiques. Le « biofeedback » en est un exemple concret : l’utilisation de la science, de la technologie et des traditions ancestrales pour maximiser la biologie et la mentalité. Il s’agit de considérer son corps comme un laboratoire personnel, en mesurant grâce à des dispositifs de suivi l’impact de différents changements sur l’alimentation, l’exposition à la lumière, l’entraînement, la supplémentation ou le sommeil. L’idée est de valider scientifiquement des pratiques que nos ancêtres connaissaient déjà, comme la méthode Wim Hof (qui consiste notamment à prendre des douches froides), marcher pieds nus ou privilégier un dîner léger.

Parmi les « hacks » les plus efficaces, Apud cite notamment le jeûne intermittent, une pratique qui consiste à alterner des périodes de prise alimentaire et de jeûne. Il souligne son impact systémique sur le corps, l’esprit et les émotions. Dormir le ventre vide est également une habitude clé : pour cela, il recommande de dîner au moins trois heures avant le coucher, idéalement vers 19h, afin de favoriser la régénération cellulaire pendant le sommeil.

L’importance de respecter son rythme circadien est également soulignée. Apud conseille de limiter l’exposition à la lumière bleue des écrans le soir, et pourquoi pas d’utiliser des bloqueurs de lumière bleue, des lunettes qui filtrent une partie de cette lumière artificielle. Il insiste également sur la nécessité de se déconnecter des écrans au moins une heure avant de se coucher.

Pour augmenter sa productivité, il préconise de concentrer les tâches intellectuelles les plus exigeantes en première partie de journée, lorsque le niveau cognitif est à son apogée, et de privilégier des activités plus légères en fin de journée. Enfin, il met en avant l’importance de l’entraînement en force, en particulier après 40 ans, pour lutter contre la sarcopénie (la perte de masse musculaire liée à l’âge). Il recommande des séances régulières, environ trois fois par semaine, en privilégiant des exercices avec un poids suffisant pour réaliser entre 5 et 8 répétitions.

En matière de longévité, le « biohacking » vise à récupérer des habitudes ancestrales que nous avons oubliées au cours des dernières décennies, en raison d’un mode de vie de plus en plus sédentaire et axé sur le confort. Il souligne l’importance d’augmenter sa réserve cognitive, en stimulant constamment son esprit grâce à l’apprentissage, aux conversations intellectuelles et aux activités stimulantes. L’exposition au froid, par exemple, peut également jouer un rôle important dans la longévité du cerveau.

En conclusion, le « biohacking » ne se résume pas à une série de techniques et de pratiques, mais à une véritable philosophie de vie, axée sur l’optimisation du bien-être physique et mental à long terme. Comme le souligne Marcos Apud :

« Moins de sudoku, plus de sueur. »

Marcos Apud, psychologue et biohacker

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