Home NouvellesUn Super PAC IA de 100 millions de dollars ciblé le démocrate new-yorkais Alex Bores. Il pense que ça s’est retourné contre lui

Un Super PAC IA de 100 millions de dollars ciblé le démocrate new-yorkais Alex Bores. Il pense que ça s’est retourné contre lui

by Nicolas Lefèvre

Un candidat démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis est devenu la cible d’un super PAC financé par des poids lourds de la Silicon Valley, qui prévoit de dépenser des millions de dollars pour contrecarrer sa candidature. Cette offensive intervient après que le législateur a co-écrit une loi visant à réglementer le développement de l’intelligence artificielle.

Alex Bores, membre de l’Assemblée de New York et candidat au Congrès, a réagi à cette situation avec une pointe d’ironie : « Je tiens à remercier [le PAC] pour leur soutien en soulevant la question de la manière dont nous régulons une technologie incroyablement puissante afin que l’avenir profite à tous. » Il a ajouté qu’il ne pouvait imaginer « meilleur partenaire cette semaine ».

Au cœur de cette controverse se trouve la loi RAISE (Responsibility and Accountability in Intelligent Systems Engineering), co-écrite par Bores et le sénateur de l’État de New York, Andrew Gounardes. Ce texte législatif permettrait au procureur général de New York d’imposer des sanctions civiles pouvant atteindre 30 millions de dollars (environ 27,5 millions d’euros) aux entreprises développant des technologies d’IA telles qu’OpenAI et Google, si elles ne publient pas de rapports de sécurité sur leurs systèmes.

Adoptée par la législature de New York en juin, la loi RAISE attend désormais la signature ou le veto de la gouverneure Kathy Hochul avant la fin de l’année. Elle représente l’une des rares initiatives législatives à l’échelle nationale visant à encadrer les développeurs d’IA, alors même que l’administration Trump prépare un décret visant à contrer les réglementations nationales dans ce domaine.

C’est précisément cet effort de régulation qui a attiré l’attention de Leading the Future, le super PAC en question. Financé notamment par le fonds de capital-risque Andreessen Horowitz, ainsi que par Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, et Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir, Leading the Future compte investir massivement pour faire échouer la candidature de Bores.

« L’assemblyman Bores a promu le type de législation idéologique et politiquement motivée qui limiterait non seulement la capacité de New York, mais aussi celle des États-Unis dans leur ensemble, à stimuler l’emploi et l’innovation dans le domaine de l’IA », ont déclaré Zac Moffatt et Josh Vlasto, les dirigeants du PAC, dans un communiqué. Ils ont précisé que le PAC s’opposerait « fermement aux décideurs politiques et aux candidats à travers le pays » qui menaceraient « la capacité des Américains à bénéficier de l’IA ». Ils se sont cependant refusés à dévoiler leurs prochaines cibles.

Bores estime que l’industrie de l’IA craint son expertise technique. Il possède un master en informatique de Georgia Tech et a travaillé pendant quatre ans comme ingénieur chez Palantir avant de démissionner en 2019, en raison du renouvellement d’un contrat de l’entreprise avec l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE).

« Ce qui effraie le plus les méga-donateurs de Trump, c’est que je comprends réellement l’IA », a-t-il affirmé.

À retenir

  • Un super PAC financé par des investisseurs de la Silicon Valley cible Alex Bores, candidat au Congrès, en raison de son engagement pour la régulation de l’IA.
  • La loi RAISE, qu’il a co-écrite, vise à responsabiliser les développeurs d’IA en matière de sécurité.
  • Leading the Future prévoit de dépenser des millions de dollars pour contrecarrer la candidature de Bores.

Contexte

La loi RAISE, si elle est promulguée, marquerait une étape importante dans la régulation de l’intelligence artificielle aux États-Unis. Elle s’inscrit dans un contexte de débat croissant sur les risques et les opportunités liés à cette technologie en pleine expansion. L’opposition à cette loi par des acteurs influents de la Silicon Valley souligne les enjeux économiques et politiques en jeu.

Ce qui change

L’issue de cette campagne pourrait avoir des répercussions significatives sur la future législation en matière d’IA, non seulement à New York, mais potentiellement à l’échelle nationale. Si Bores est élu, il pourrait continuer à promouvoir des réglementations plus strictes. À l’inverse, sa défaite pourrait freiner les efforts de régulation.

Prochaines étapes

Il faudra surveiller de près la décision de la gouverneure Kathy Hochul concernant la loi RAISE. Par ailleurs, les stratégies et les dépenses de Leading the Future seront déterminantes pour l’issue de la campagne de Bores. Les prochaines cibles du PAC restent également à surveiller.

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