Home SantéUn test sanguin pourrait prédire qui est le plus à risque de souffrir d’une maladie cardiaque héréditaire courante | Santé

Un test sanguin pourrait prédire qui est le plus à risque de souffrir d’une maladie cardiaque héréditaire courante | Santé

by Sophie Martin

Publié le 24 janvier 2025 18:30:00. Une simple analyse sanguine pourrait bientôt permettre de prédire le risque de complications chez les personnes atteintes de cardiomyopathie hypertrophique (CMH), la maladie cardiaque héréditaire la plus répandue au monde, offrant ainsi une meilleure prise en charge et un suivi plus personnalisé.

  • Un test sanguin basé sur le dosage du NT-Pro-BNP permet d’identifier les patients à risque élevé de complications graves.
  • Cette découverte pourrait permettre de mieux cibler les traitements et d’éviter des interventions inutiles.
  • L’étude, menée par des chercheurs de Harvard et d’Oxford, a analysé les données de 700 patients atteints de CMH.

La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) affecte des millions de personnes dans le monde. Cette maladie génétique se caractérise par un épaississement anormal du muscle cardiaque, souvent transmis de génération en génération. Si certains patients ne présentent que peu ou pas de symptômes, d’autres peuvent développer des complications graves, telles que l’insuffisance cardiaque ou des troubles du rythme pouvant mener à un arrêt cardiaque brutal. Or, à ce jour, il n’existe pas de traitement curatif et les médecins peinent à identifier les patients les plus vulnérables.

Une équipe internationale de scientifiques, impliquant notamment des chercheurs des universités de Harvard et d’Oxford, a franchi une étape importante dans la compréhension et la gestion de cette maladie. Leur étude, publiée aujourd’hui, révèle qu’une simple analyse sanguine peut prédire le risque de complications chez les patients atteints de CMH.

Le test repose sur le dosage du peptide natriurétique de type Pro-B N-terminal (NT-Pro-BNP) dans le sang. Ce peptide est naturellement libéré par le cœur lors de son activité de pompage. Cependant, des niveaux élevés de NT-Pro-BNP sont un indicateur que le cœur est soumis à un stress important. L’étude a démontré que les patients présentant les taux les plus élevés de NT-Pro-BNP avaient une fonction cardiaque plus faible, des cicatrices plus importantes au niveau du cœur et un risque accru de développer une fibrillation auriculaire ou une insuffisance cardiaque.

Selon le professeur Carolyn Ho, directrice médicale du centre de génétique cardiovasculaire de la faculté de médecine de Harvard et responsable de l’étude, ce test pourrait révolutionner la prise en charge de la CMH :

« Ce test pourrait nous aider à cibler les bonnes thérapies sur les bons patients, au bon moment. »

Professeur Carolyn Ho, directrice médicale du centre de génétique cardiovasculaire de la faculté de médecine de Harvard

Elle ajoute :

« Des recherches supplémentaires sur les biomarqueurs sanguins nous permettront de mieux comprendre la CMH et, à l’avenir, de proposer à nos patients un test sanguin pour identifier leur niveau de risque. »

Professeur Carolyn Ho, directrice médicale du centre de génétique cardiovasculaire de la faculté de médecine de Harvard

Lara Johnson, 34 ans, originaire de Southampton au Royaume-Uni, témoigne de l’impact potentiel de cette découverte. Diagnostiquée avec la CMH il y a huit ans, elle partage l’inquiétude de nombreux patients :

« L’un des aspects les plus difficiles de la vie avec la CMH est l’incertitude constante, le fait de ne jamais savoir ce qui pourrait changer ensuite. Une simple prise de sang, qui pourrait aider à identifier plus tôt les risques futurs, éliminerait une grande partie de cette anxiété. »

Lara Johnson, patiente atteinte de CMH

Elle poursuit :

« Cela pourrait donner aux gens comme moi une chance de préparer et d’ajuster leur mode de vie selon leurs besoins, et nous aider à nous sentir plus en contrôle. Ce genre de clarté ne m’aiderait pas seulement, cela ferait toute la différence pour toute ma famille. »

Lara Johnson, patiente atteinte de CMH

Le professeur Bryan Williams, directeur scientifique et médical de la British Heart Foundation, qui a financé cette recherche, souligne l’importance de cette avancée :

« Ce test pourrait bénéficier aux patients du monde entier. Après un diagnostic de CMH, les patients et leurs familles veulent savoir ce que l’avenir leur réserve. Cette étude montre que la mesure de diverses protéines circulant dans le sang pourrait aider à prédire le fonctionnement du cœur et le risque futur de complications liées aux maladies cardiaques. »

Professeur Bryan Williams, directeur scientifique et médical de la British Heart Foundation

Il conclut :

« Cette nouvelle méthode pourrait également fournir des informations sur l’évolution de la structure et de la fonction du cœur chez les personnes atteintes de CMH, ce qui pourrait indiquer de nouvelles façons de traiter cette maladie afin de réduire les risques futurs. »

Professeur Bryan Williams, directeur scientifique et médical de la British Heart Foundation

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