Publié le 26 novembre 2025 14h39. Une nouvelle approche thérapeutique, administrée par voie nasale, offre un espoir pour le traitement du glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, en stimulant directement les défenses immunitaires de l’organisme.
- Des chercheurs ont développé une thérapie par nanomédicaments administrée par gouttes nasales qui cible le cerveau et active la réponse immunitaire contre les tumeurs.
- Sur des modèles animaux, cette thérapie a permis l’élimination complète des tumeurs et une protection durable contre les rechutes.
- Cette méthode pourrait représenter une avancée significative pour l’immunothérapie des cancers du cerveau, souvent résistants aux traitements classiques.
Le glioblastome, l’une des formes les plus courantes de cancer primitif du cerveau, est caractérisé par sa croissance rapide et son pronostic sombre. L’un des principaux défis thérapeutiques réside dans le fait que ces tumeurs sont considérées comme « froides », c’est-à-dire qu’elles ne suscitent pas de réaction immunitaire suffisamment forte pour être combattues efficacement. Contrairement aux tumeurs « chaudes », plus réceptives aux immunothérapies, le glioblastome échappe souvent aux défenses naturelles de l’organisme.
Ces dernières années, l’activation de la voie STING (Stimulator of Interferon Genes), un mécanisme clé de l’immunité innée qui se déclenche lorsque les cellules détectent la présence d’ADN étranger, a suscité un intérêt croissant en tant que stratégie thérapeutique potentielle. L’équipe de recherche, issue de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint-Louis et de l’université Northwestern (Illinois), a exploré une nouvelle façon d’activer cette voie.
L’innovation majeure réside dans le mode d’administration. Au lieu d’une injection directe dans le cerveau, les chercheurs ont mis au point un nanomédicament administré sous forme de simples gouttes nasales. Des études en temps réel ont permis de suivre le trajet des particules, qui empruntent le nerf trijumeau – le principal nerf reliant les structures faciales au cerveau – pour atteindre la zone tumorale. Cette approche permet une délivrance ciblée du traitement tout en limitant sa diffusion dans le reste du corps.
Cette distribution limitée est un avantage crucial, car elle réduit considérablement le risque d’effets secondaires systémiques, un problème souvent rencontré avec les thérapies immunostimulantes. Les résultats obtenus sur des souris sont encourageants : après une ou deux doses de la thérapie intranasale, les tumeurs ont été complètement éliminées et les animaux ont développé une protection immunitaire à long terme, empêchant la récidive du glioblastome.
Les chercheurs ont également constaté que la combinaison de cette thérapie intranasale avec des médicaments stimulant l’activité des lymphocytes T – des cellules immunitaires essentielles à la destruction des cellules cancéreuses – amplifiait les effets bénéfiques. Ces résultats, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ouvrent la voie à de nouvelles perspectives pour le traitement de ce cancer particulièrement agressif.
Il est important de souligner que ces résultats sont encore préliminaires et obtenus sur des modèles animaux. Des études supplémentaires de sécurité, de dosage et d’efficacité sont nécessaires avant de pouvoir envisager des essais cliniques chez l’homme. L’approbation de cette nanothérapie pour une utilisation clinique reste donc soumise à des validations rigoureuses.