Une baie sauvage, traditionnellement utilisée dans la médecine chinoise, pourrait bien révolutionner la prise en charge du diabète. Des chercheurs ont mis en évidence les propriétés remarquables du fruit de Nitraria roborowskii, capable d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de rétablir un métabolisme sain chez des souris atteintes de cette maladie chronique.
Le nombre de personnes diabétiques dans le monde devrait atteindre 750 millions d’ici 2045. Si les traitements actuels permettent de contrôler les symptômes, ils présentent souvent des effets secondaires indésirables et ne s’attaquent pas aux causes profondes du déséquilibre métabolique. C’est pourquoi les scientifiques se tournent de plus en plus vers la phytothérapie pour découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
L’étude, menée conjointement par l’Université de Qinghai et l’Institut nord-ouest de biologie des plateaux, et publiée dans le Journal chinois de pharmacie appliquée moderne, a démontré l’efficacité d’une forme concentrée de l’extrait de fruit (NRK-C) sur des souris diabétiques pendant sept semaines. Les résultats sont significatifs : NRK-C a non seulement réduit la glycémie, mais a également amélioré la réactivité à l’insuline et corrigé d’autres dysfonctionnements métaboliques.
Les chercheurs ont observé une diminution de 30 à 40 % de la glycémie à jeun chez les souris traitées, avec des effets plus prononcés à des doses plus élevées. L’extrait a également amélioré la sensibilité à l’insuline d’environ 50 % par rapport aux animaux non traités. De plus, il a contribué à équilibrer le taux de cholestérol et à réduire les marqueurs de stress oxydatif jusqu’à 60 %.
L’analyse a révélé que NRK-C agit en réactivant la voie de signalisation PI3K/AKT, un circuit métabolique essentiel souvent perturbé en cas de diabète. Cette réactivation semble permettre au corps de réguler à nouveau son métabolisme du glucose et des graisses. L’examen microscopique a confirmé ces résultats, montrant des structures hépatiques et pancréatiques plus saines chez les souris traitées.
« Ces résultats sont encourageants car ils suggèrent que nous pourrions traiter le diabète de manière plus globale », explique le Dr Yue Huilan, chercheur principal du projet. « Au lieu de simplement abaisser la glycémie, cet extrait de plante semble aider le corps à retrouver son équilibre métabolique naturel. Les implications pourraient s’étendre à d’autres pathologies liées à la résistance à l’insuline. »
Les chercheurs envisagent désormais plusieurs pistes de recherche. Des extraits standardisés de NRK-C pourraient être développés en tant que compléments alimentaires ou thérapies complémentaires. Les experts en nutrition pourraient également étudier l’intégration de ce fruit dans des aliments fonctionnels destinés à améliorer la santé métabolique. Cette découverte apporte également un éclairage scientifique moderne aux connaissances traditionnelles de la médecine chinoise.
L’équipe de recherche souhaite notamment déterminer si NRK-C pourrait prévenir le développement du diabète chez les personnes à risque ou réduire les complications chez celles déjà atteintes. Au-delà de cette étude, ces résultats soulignent l’importance de préserver et d’étudier les plantes médicinales traditionnelles, qui pourraient receler des solutions insoupçonnées aux défis de santé actuels.