Home Des sportsUne dernière affaire de dopage fait ressortir le monde trouble du passeport biologique

Une dernière affaire de dopage fait ressortir le monde trouble du passeport biologique

by Camille Renault

Mis à jour le 31 octobre 2025 à 23h15. L’affaire de dopage impliquant le coureur espagnol Oier Lazkano, révélée cette semaine, relance le débat sur l’efficacité du passeport biologique de l’athlète (PBA) dans la lutte contre le dopage dans le cyclisme professionnel.

  • Oier Lazkano a été provisoirement suspendu par l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour des anomalies détectées dans son PBA sur la période 2022-2024.
  • Son équipe actuelle, Red Bull-Bora-Hansgrohe, a annoncé son licenciement, tandis que son ancienne équipe, Movistar, a publié la communication complète de l’UCI.
  • L’affaire met en lumière l’évolution des pratiques des équipes face aux accusations de dopage, qui tendent à une prise de distance plus rapide.

La suspension provisoire d’Oier Lazkano, révélée cette semaine, a secoué le monde du cyclisme. L’UCI a notifié à Movistar, l’équipe dans laquelle Lazkano a couru pendant les trois années concernées par les anomalies, qu’elle suspecte le coureur espagnol d’avoir enfreint les règles antidopage en utilisant une substance ou une méthode interdite. Cette accusation repose sur l’analyse du profil hématologique de Lazkano, révélant des anomalies jugées « très probables » par un panel d’experts scientifiques indépendants.

Red Bull-Bora-Hansgrohe, qui avait engagé Lazkano pour la saison 2025, a rapidement réagi à l’annonce de la suspension. Dans un communiqué publié vendredi, l’équipe a confirmé la fin de sa collaboration avec le coureur espagnol :

« Nous pouvons confirmer qu’Oier Lazkano ne fera plus partie de notre équipe. Cela est dû à la décision de l’UCI de le suspendre provisoirement. L’affaire concerne les saisons 2022-24, une période précédant son arrivée dans notre équipe. »

Red Bull-Bora-Hansgrohe

L’équipe a également rapidement retiré toutes les informations relatives à Lazkano de son site internet.

Cette réaction rapide contraste avec les pratiques passées, où les équipes étaient souvent plus enclines à défendre leurs coureurs en cas d’accusations de dopage. Aujourd’hui, la tendance semble être à une prise de distance plus marquée, afin de préserver l’image de l’équipe.

Movistar a publié l’intégralité de la communication de l’UCI, une démarche inhabituelle compte tenu de la prudence habituelle de l’organisation en matière de dopage. Le message de l’UCI à Movistar détaille les conclusions du comité d’experts :

« L’Union Cycliste Internationale (UCI) vous informe par la présente que l’UCI affirme que le coureur espagnol, M. Oier Lazkano Lopez, a commis une violation des règles antidopage (VRAD) pour usage d’une substance interdite et/ou d’une méthode interdite en vertu de l’article 2.2 des règles antidopage de l’UCI (UCI ADR). Cette affirmation est fondée sur l’opinion unanime rendue par un panel de trois experts scientifiques indépendants (Comité d’experts) sur 23 octobre 2025 selon lequel le profil hématologique composé des échantillons fournis par le Coureur entre le 7 janvier 2020 et le 30 décembre 2024 établit que : « Il est très probable qu’une substance ou une méthode interdite ait été utilisée et il est peu probable que le passeport soit le résultat d’une autre cause. »

L’équipe Movistar a affirmé n’avoir eu connaissance des anomalies qu’à la suite de la publication du communiqué de l’UCI. Dans un communiqué, elle a déclaré que tous les contrôles auxquels Lazkano avait été soumis pendant les trois saisons concernées s’étaient révélés négatifs :

« Pendant les trois saisons de relation contractuelle avec M. Lazkano, tous les contrôles auxquels il a été soumis par les différentes organisations nationales et internationales, ainsi qu’internes à l’équipe elle-même, ont donné un résultat négatif. De ce fait, il était matériellement impossible de connaître, ou même de deviner, une anomalie telle que celle présentée aujourd’hui dans la procédure ouverte par l’Union Cycliste Internationale. »

Movistar

L’affaire Lazkano met en lumière le rôle croissant du passeport biologique de l’athlète (PBA) dans la lutte contre le dopage. Lancé par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) en 2008, le PBA permet de suivre l’évolution des marqueurs biologiques d’un athlète sur le long terme, afin de détecter des anomalies suspectes. Bien que l’ABP ait rencontré des obstacles juridiques par le passé, il est aujourd’hui considéré comme un outil précieux pour cibler les coureurs suspects et renforcer les contrôles antidopage. Plus d’informations sur le passeport biologique.

Une source proche du cyclisme a révélé que certaines équipes ne vérifient plus systématiquement les données du PBA avant de signer des contrats avec de nouveaux coureurs, ce qui soulève des questions sur l’importance accordée à cet outil antidopage. L’affaire Lazkano sera suivie de près pour déterminer si l’UCI intensifiera ses efforts pour lutter contre le dopage en utilisant le PBA et pour évaluer l’impact de cette affaire sur les pratiques des équipes cyclistes.

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