Publié le 2025-11-20 05:13:00. Le diabète de type 2, une maladie en forte progression en Colombie et en Amérique latine, voit ses protocoles de prise en charge évoluer pour une approche plus globale et préventive, axée sur la protection du cœur et des reins.
- Plus de 112 millions d’adultes en Amérique latine vivent avec le diabète, un chiffre qui a triplé depuis 1990.
- Environ 3 millions de Colombiens sont atteints de cette maladie, dont 16 % ne sont pas encore diagnostiqués.
- L’Association colombienne d’endocrinologie (ACE) a mis à jour les lignes directrices cliniques pour une meilleure gestion du diabète, intégrant des thérapies cardiorénoprotectrices et la surveillance continue de la glycémie.
María Fernanda Arroyo, 38 ans, originaire de Barranquilla, a appris à ses dépens les conséquences insidieuses d’une consommation excessive de sucre. Diagnostiquée d’un diabète de type 2 il y a deux ans, elle se souvient d’un épisode alarmant : « Je manquais d’air, j’avais l’impression que mon cœur battait à tout rompre comme si j’avais couru un marathon et j’étais juste assise là en train de déjeuner. » Son témoignage reflète une réalité partagée par de nombreux Colombiens, où la douceur a longtemps été associée à l’affection et à la célébration.
L’histoire de María Fernanda n’est pas isolée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur le lien direct entre une consommation excessive de sucres libres et l’augmentation des maladies non transmissibles, telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires. Un risque souvent sous-estimé au quotidien.
Selon une étude mondiale, les boissons sucrées sont responsables de millions de nouveaux cas de diabète de type 2 chaque année. Face à cette situation préoccupante, l’ACE a décidé de réviser ses recommandations pour la prise en charge du diabète de type 2, dans l’espoir de modifier la manière dont la Colombie aborde cette maladie et d’en réduire les complications.
Les nouvelles directives mettent l’accent sur des thérapies capables de contrôler la glycémie tout en réduisant les risques de complications cardiaques, rénales et métaboliques. Une approche qui, selon les spécialistes, pourrait améliorer significativement la qualité de vie et prolonger l’espérance de vie des patients.
Un des changements majeurs est la recommandation de recourir à des thérapies combinées dès le diagnostic, afin d’obtenir un contrôle métabolique plus rapide et plus efficace. L’intégration de technologies comme la surveillance continue de la glycémie, permettant de suivre en temps réel les fluctuations du taux de sucre dans le sang, est également encouragée.
« L’une des avancées les plus importantes est l’incorporation du concept de thérapies cardiorénoprotectrices, qui change complètement la vision traditionnelle du traitement. Aujourd’hui, nous savons que la gestion du diabète doit se concentrer sur la protection du cœur, des reins et d’autres organes vitaux, même dès les premiers stades. »
Dre Karen Feriz, interniste-endocrinologue
La nutritionniste clinicienne María Camila Herrera souligne l’importance cruciale de la prévention. Elle insiste sur la nécessité de réduire la consommation de sucre, en particulier dans les boissons, qui constituent une source majeure de sucre dans l’alimentation : « Il faut les remplacer par de l’eau ou des infusions et apprendre à lire les étiquettes, car de nombreux produits qui semblent sains contiennent du sucre caché comme premier ingrédient. Mangez des aliments riches en fibres et en protéines pour maintenir une glycémie stable. »
À lire aussi : Ils identifient une protéine qui « nourrit » le cancer du poumon
À lire aussi : Ils découvrent qu’un médicament anticancéreux est efficace contre une bactérie multirésistante
À lire aussi
