Home MondeUne enquête a révélé que les commandants russes ordonnaient l’exécution et la torture des soldats qui refusaient de combattre en Ukraine.

Une enquête a révélé que les commandants russes ordonnaient l’exécution et la torture des soldats qui refusaient de combattre en Ukraine.

by Clara Dubois

Publié le 2025-11-01 00:09:00. Des témoignages accablants révèlent un climat de terreur au sein de l’armée russe en Ukraine, où des exécutions sommaires et des châtiments mortels seraient monnaie courante, infligés par des commandants à leurs propres soldats.

  • Des officiers de l’armée russe sont accusés d’avoir ordonné l’exécution ou l’envoi au front de soldats refusant de combattre.
  • L’enquête a identifié 101 hauts gradés impliqués dans des actes de violence, de torture et de meurtres.
  • Des pratiques telles que les exécutions sommaires, les attaques de drones contre des soldats blessés et les missions suicides seraient systématiquement utilisées pour maintenir la discipline.

Des soldats et des familles de militaires témoignent d’un système de terreur instauré au sein de l’armée russe déployée en Ukraine. Une enquête menée par le média indépendant Verstka, relayée par The Guardian, met en lumière des exécutions et des châtiments mortels ordonnés par des commandants, révélant un schéma de violence interne et d’abus systématiques.

Au moins 150 décès pourraient être directement attribués à ces pratiques, bien que le nombre réel soit vraisemblablement plus élevé. Les méthodes décrites par les sources sont particulièrement choquantes : exécutions sommaires, attaques de drones ciblant des soldats blessés ou en retraite, et envoi délibéré de troupes dans des missions impossibles. La discipline interne serait également marquée par des châtiments corporels sévères.

Selon les témoignages recueillis, des commandants auraient désigné des tireurs chargés d’abattre les soldats désobéissants ou tentant de quitter le front. Les corps des victimes seraient ensuite jetés dans des rivières ou enterrés dans des fosses peu profondes, tandis que les registres officiels seraient falsifiés pour masquer la vérité et présenter ces décès comme des pertes au combat.

Le média indépendant Kyiv Independent utilise le terme russe « annulation » (« obnulenie ») pour décrire cette augmentation des exécutions internes, perçue comme un mécanisme de contrôle et d’obéissance. Un soldat, identifié uniquement sous le nom de Dmitry, a déclaré :

« On ne sait jamais d’où viendra la balle : de notre propre camp ou des Ukrainiens. »

Dmitry, soldat russe

Le colonel Igor Istrati, commandant de la 114e Brigade indépendante de fusiliers motorisés, est notamment accusé d’avoir ordonné des assauts à mains nues, ainsi que des exécutions et des actes de torture au sein de son unité.

Des récits font état de l’utilisation de fosses, de caves et de cages comme lieux de torture. Les soldats y seraient affamés, battus et forcés de se battre pour leur survie, dans des scènes comparées à des combats de gladiateurs.

L’enquête révèle également des pratiques d’extorsion. Des soldats auraient payé des pots-de-vin pour éviter d’être envoyés en première ligne. Ceux qui ne pouvaient pas réunir la somme exigée seraient « éliminés », une pratique qui s’étend désormais au-delà des formations pénales et touche des unités régulières.

Initialement, ces signalements provenaient principalement de « formations pénales » composées d’anciens détenus recrutés dans les prisons russes. Cette population a depuis été intégrée à l’armée régulière, contribuant à la normalisation de la violence et de l’impunité. L’analyse des profils des officiers impliqués révèle que la majorité d’entre eux ont entre 30 et 40 ans et possèdent une expérience militaire ou des antécédents criminels.

Selon une source au sein du parquet militaire, l’ouverture d’enquêtes est bloquée si les personnes impliquées restent en service dans les zones de combat, afin de ne pas compromettre les opérations en cours. En conséquence, l’impunité reste la règle, malgré l’accumulation des preuves. À ce jour, seulement dix enquêtes ont été ouvertes, et cinq policiers ont été condamnés.

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