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Une étude espagnole identifie des marqueurs qui permettraient d’anticiper le cancer chez les personnes séropositives

Publié le 27 novembre 2025 16:32:00. Une étude espagnole révèle des marqueurs biologiques détectables un an avant l'apparition de certains cancers chez les personnes vivant avec le VIH, ouvrant la voie à un dépistage plus précoce et à…

Une étude espagnole identifie des marqueurs qui permettraient d’anticiper le cancer chez les personnes séropositives

Publié le 27 novembre 2025 16:32:00. Une étude espagnole révèle des marqueurs biologiques détectables un an avant l’apparition de certains cancers chez les personnes vivant avec le VIH, ouvrant la voie à un dépistage plus précoce et à une meilleure prise en charge.

  • Des altérations immunologiques et virologiques spécifiques pourraient prédire le développement de cancers non définissant le SIDA (NADC).
  • L’étude a identifié une augmentation du virus intégré dans les cellules et des signaux immunitaires altérés chez les patients ayant développé un cancer.
  • Ces découvertes soulignent l’importance d’un suivi immunologique personnalisé pour les personnes séropositives.

L’amélioration spectaculaire de l’espérance de vie des personnes séropositives, grâce aux traitements antirétroviraux, s’accompagne d’une augmentation des cancers non directement liés au SIDA. L’incidence et la mortalité dues à ces cancers restent malheureusement plus élevées que dans la population générale. Les chercheurs attribuent ce risque accru à un vieillissement accéléré du système immunitaire et à une capacité amoindrie de l’organisme à identifier et à éliminer les cellules tumorales.

Une équipe de chercheurs de l’GeSIDA (Groupe d’étude sur le SIDA de la Société espagnole de maladies infectieuses et de microbiologie clinique) a mené une étude approfondie pour tenter d’identifier des signes précurseurs de ces cancers. Les résultats, présentés lors du XVIe Congrès National du GeSIDA, pourraient révolutionner la manière dont les personnes vivant avec le VIH sont suivies.

L’étude a porté sur 110 personnes séropositives, dont 55 avaient reçu un diagnostic de cancer entre 2017 et 2023 et 55 constituaient un groupe témoin sans antécédents tumoraux. Tous les participants ont été évalués en termes de niveaux d’inflammation chronique, de marqueurs de régulation immunitaire (appelés points de contrôle) et de la taille du réservoir viral du VIH. Des techniques d’analyse moléculaire avancées ont été utilisées, et des échantillons de sang ont été prélevés au moment de l’inclusion dans l’étude, ainsi que, pour un sous-groupe de patients, jusqu’à 12 mois avant le diagnostic de cancer.

Les analyses ont révélé que les personnes séropositives qui ont développé un cancer présentaient près du double de virus « intégré » dans leurs cellules que celles qui n’en ont pas développé. De plus, elles affichaient des niveaux plus élevés de divers signaux immunitaires perturbés, indiquant un système de défense plus activé et épuisé que la normale. Parmi ces signaux, on retrouve des protéines qui régulent la réponse immunitaire, telles que LAG-3, PD-1, TIM-3 et CTLA-4. L’activation excessive de ces protéines peut affaiblir la capacité de l’organisme à contrôler à la fois le virus et les cellules tumorales. Des marqueurs d’inflammation, comme CD30, CD30L, GROα et TNF-RII, ont également été détectés, reflétant un état inflammatoire persistant et associé à un risque accru de cancer. L’aspect le plus frappant de l’étude est que ces altérations étaient déjà présentes un an avant le diagnostic de cancer, suggérant leur potentiel en tant qu’indicateurs précoces du risque oncologique.

Les chercheurs suggèrent que les personnes séropositives qui développent un cancer présentent un profil immunologique et inflammatoire distinct, potentiellement détectable avant l’apparition clinique de la tumeur. Ils insistent toutefois sur le caractère préliminaire de ces données, qui nécessitent des analyses statistiques plus poussées et des études menées sur des cohortes de patients plus larges avant de pouvoir être intégrées à la pratique clinique. Ces résultats prometteurs ouvrent néanmoins la voie au développement de biomarqueurs immunologiques pour le suivi de routine des personnes séropositives, dans le but de favoriser la détection précoce des cancers non définissant le SIDA et d’améliorer leur pronostic.


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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.