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Une étude établit un lien entre un mauvais sommeil et des conséquences néfastes sur la santé des personnes âgées

Publié le 28 octobre 2025 05:17:00. Plus d'un résident sur cinq dans les établissements de soins de longue durée au Canada souffre de troubles du sommeil, liés à la douleur, à la prise de médicaments et aux habitudes…

Une étude établit un lien entre un mauvais sommeil et des conséquences néfastes sur la santé des personnes âgées

Publié le 28 octobre 2025 05:17:00. Plus d’un résident sur cinq dans les établissements de soins de longue durée au Canada souffre de troubles du sommeil, liés à la douleur, à la prise de médicaments et aux habitudes de repos. Une étude approfondie révèle les facteurs prédictifs de ces problèmes et souligne l’importance d’une meilleure gestion pour améliorer le bien-être des aînés.

  • Plus de 22 % des résidents des établissements de soins de longue durée au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan présentent des difficultés à dormir.
  • La douleur, les maladies chroniques, les troubles cognitifs, les siestes diurnes et certains médicaments sont des facteurs de risque majeurs.
  • Améliorer la gestion de la douleur et revoir l’utilisation des médicaments pourraient avoir un impact significatif sur la qualité du sommeil des résidents.

Une équipe internationale de chercheurs, dirigée par l’Université de Waterloo, a analysé les données de santé de plus de 21 000 personnes âgées de 65 ans et plus vivant dans 228 foyers de soins de longue durée au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan entre 2016 et 2021. L’étude, basée sur les évaluations standardisées interRAI, a permis de suivre l’évolution des troubles du sommeil chez les résidents, en identifiant ceux qui en développaient ou qui s’en remettaient.

Les résultats montrent que les taux de troubles du sommeil varient considérablement d’un établissement à l’autre, allant de 3 à 56 %. En un an, environ 10 % des résidents qui dormaient bien ont commencé à rencontrer des difficultés, tandis que la moitié de ceux qui avaient déjà des problèmes ont constaté une amélioration. L’étude a mis en évidence plusieurs facteurs prédictifs, notamment la douleur, les maladies chroniques telles que les maladies cardiaques ou pulmonaires, les troubles cognitifs modérés, les siestes diurnes et l’utilisation de médicaments sédatifs ou antipsychotiques.

Le Dr John Hirdes, professeur à l’École des sciences de la santé publique de Waterloo et auteur principal de l’article, souligne les conséquences d’un mauvais sommeil.

« Un mauvais sommeil est fortement associé à des problèmes de santé, notamment un risque accru de maladies cardiovasculaires, de déclin cognitif et de dépression. Cela conduit aussi souvent à une plus grande utilisation de médicaments, ce qui peut à son tour augmenter le risque de chutes, de délire et d’autres complications. »

Dr John Hirdes, professeur, École des sciences de la santé publique, Université de Waterloo

Il ajoute que de nombreux facteurs de risque sont modifiables, et qu’une meilleure gestion de la douleur, une révision de l’utilisation des médicaments et la promotion de bonnes habitudes de sommeil pourraient améliorer le bien-être des résidents.

La Dre Sophiya Benjamin, psychiatre gériatrique et chercheuse à l’Université McMaster, également professeure adjointe à Waterloo, insiste sur l’impact du sommeil des résidents sur l’ensemble du système de soins.

« Lorsque les résidents dorment mal, cela peut accroître le stress et l’épuisement professionnel au sein du personnel, ce qui finit par affecter la qualité des soins. »

Dre Sophiya Benjamin, psychiatre gériatrique et chercheuse, Université McMaster

Elle recommande que les établissements de soins de longue durée intègrent la surveillance de la qualité du sommeil dans leurs protocoles de soins et explorent des stratégies non médicamenteuses pour améliorer le repos des résidents. Elle souligne également l’importance de prendre en compte les facteurs environnementaux tels que le bruit, l’éclairage et les routines nocturnes, qui peuvent avoir un impact significatif sur le sommeil.

Source:

Référence du journal :

Wabé, N., et al. (2025) Prédicteurs de changement dans les troubles du sommeil dans les établissements de soins de longue durée au Canada : une analyse longitudinale basée sur les évaluations interRAI. Médecine gériatrique européenne. doi.org/10.1007/s41999-025-01302-z.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.