Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude américaine révèle que la pilule contraceptive pourrait avoir des effets négatifs sur la santé mentale des femmes prédisposées à la dépression, impactant leur parcours éducatif et professionnel. Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche plus personnalisée de la contraception.
- Les femmes présentant un risque génétique élevé de dépression voient leur santé mentale se détériorer si elles ont pris la pilule contraceptive à l’adolescence.
- Cet impact négatif peut réduire le niveau d’études atteint, la productivité au travail et augmenter le nombre de jours d’arrêt maladie.
- L’étude appelle à davantage de recherches sur les alternatives non hormonales et à un meilleur dépistage de la vulnérabilité psychologique.
Une étude menée par l’Université de Copenhague, et basée sur l’analyse de données concernant des milliers de femmes américaines, met en lumière un lien potentiel entre la prise de la pilule contraceptive et une détérioration de la santé mentale chez les femmes ayant une prédisposition génétique à la dépression. Les chercheurs ont combiné des informations sur la législation, les profils de risque génétique et les parcours de vie des participantes pour parvenir à ces conclusions.
« Toutes les femmes ne sont pas concernées. Mais pour les personnes présentant une vulnérabilité génétique, nous constatons que la pilule contraceptive peut déclencher une maladie mentale », explique Franziska Valder, l’auteure principale de l’étude. Les résultats indiquent que les effets négatifs sur la santé mentale peuvent contrebalancer les bénéfices habituellement associés à la pilule contraceptive en termes d’éducation et d’insertion professionnelle.
« Les femmes présentant un risque élevé de dépression atteignent moins d’années d’études, ont une productivité au travail inférieure et signalent davantage de jours de maladie et de déficiences fonctionnelles lorsqu’elles ont accès à la pilule contraceptive. »
Franziska Valder
Franziska Valder insiste sur le fait que cette étude ne vise pas à remettre en question l’utilisation de la pilule contraceptive, mais plutôt à encourager une discussion plus approfondie sur les effets secondaires potentiels et la nécessité d’une approche individualisée. « Il ne s’agit pas de retirer la pilule contraceptive à qui que ce soit. Il s’agit de comprendre qu’il peut y avoir des effets secondaires – et que nous devons en tenir compte, en particulier chez les personnes à haut risque », précise-t-elle. Elle souligne également l’importance de développer des alternatives non hormonales et d’améliorer le dépistage des vulnérabilités psychologiques.
La publication de cette étude intervient dans un contexte de restrictions croissantes de l’accès à l’avortement aux États-Unis, ravivant le débat sur la contraception et la santé des femmes.
Source: Université de Copenhague
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