Publié le 24 novembre 2025. Une étude récente révèle que les troubles du comportement alimentaire (TCA) peuvent entraîner des complications de santé graves et durables, bien au-delà de la période aiguë de la maladie.
- Les personnes ayant souffert de TCA présentent un risque accru de développer des pathologies cardiaques, rénales, hépatiques, ainsi que de l’ostéoporose et du diabète.
- Le risque de décès prématuré est plus de quatre fois plus élevé chez les personnes ayant eu des TCA, et le risque de suicide est multiplié par cinq.
- Ces risques persistent pendant des années après le diagnostic, soulignant la nécessité d’un suivi médical à long terme.
Les troubles du comportement alimentaire, tels que l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique, ne se limitent pas à des problèmes psychologiques. Une vaste étude menée auprès de plus de 24 700 personnes âgées de 10 à 44 ans diagnostiquées avec un TCA, comparées à un groupe témoin de 493 000 individus, a mis en évidence des conséquences physiques considérables et prolongées. Les résultats, publiés dans la revue BMJ Medicine, démontrent que les TCA peuvent avoir un impact profond sur la santé à long terme.
L’étude a révélé que, dans l’année suivant le diagnostic, les personnes souffrant de TCA étaient six fois plus susceptibles de développer une insuffisance rénale, près de sept fois plus susceptibles de contracter une maladie du foie, et six fois plus susceptibles de souffrir d’ostéoporose. Elles présentaient également un risque deux fois plus élevé d’insuffisance cardiaque et un risque trois fois plus élevé de diabète. Sur le plan psychologique, le risque de dépression était multiplié par sept, celui d’automutilation par plus de neuf, et celui de tentative de suicide par quatorze.
Au-delà de la première année, les risques demeurent significativement élevés. Cinq ans après le diagnostic, le risque de maladie rénale et hépatique était encore 2,5 à 4 fois supérieur à celui de la population générale. Le risque global de décès prématuré restait quant à lui 2 à 3 fois plus élevé. Même dix ans après le diagnostic, les personnes ayant souffert de TCA continuaient de décéder à un rythme plus élevé, notamment en raison d’un risque de suicide persistant, près de trois fois supérieur.
« Cette étude met en évidence l’importance de surveiller en permanence les résultats à long terme en matière de santé physique chez les personnes ayant des antécédents de troubles de l’alimentation »
Catharine Morgan, épidémiologiste à l’Université de Manchester
Les chercheurs soulignent la nécessité d’une prise en charge globale et continue des personnes ayant souffert de TCA, impliquant une surveillance médicale régulière et un soutien psychologique adapté. Ils insistent sur le rôle crucial des médecins généralistes dans l’accompagnement à long terme de ces patients.
« Les troubles alimentaires touchent des millions de personnes dans le monde, mais leurs conséquences sont mal connues. »
Jennifer Couturier, professeure de psychiatrie et de neurosciences comportementales à l’Université McMaster
Dans un éditorial accompagnant l’étude, des chercheurs de l’Université McMaster en Ontario, au Canada, soulignent que les TCA affectent plusieurs systèmes organiques et nécessitent une approche intégrée des soins. Ils estiment que les médecins généralistes sont idéalement placés pour coordonner la prise en charge de ces patients et assurer un suivi précoce et continu. L’American Psychiatric Association propose des informations complémentaires sur les troubles du comportement alimentaire.
©The New York Times 2025
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