Publié le 8 octobre 2024 08h18. Une vaste étude révèle un lien significatif entre certaines infections virales graves et un risque accru de développer des maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique (SLA), parfois jusqu’à 15 ans après l’infection initiale.
- Les personnes ayant souffert d’encéphalite virale présentent un risque 31 fois plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer.
- L’étude a identifié 22 associations entre infections virales et maladies neurodégénératives.
- La vaccination contre certains virus, comme la grippe et le zona, pourrait réduire le risque de développer ces troubles cérébraux.
Des recherches récentes mettent en évidence un lien potentiel entre les infections virales et le développement de maladies neurodégénératives à long terme. Une étude d’envergure, menée en 2023 et basée sur l’analyse de près de 500 000 dossiers médicaux, a révélé que les patients ayant été hospitalisés pour des infections virales sévères, telles que l’encéphalite (inflammation du cerveau) ou la pneumonie, présentent un risque considérablement plus élevé de développer des affections neurologiques dégénératives.
Les chercheurs ont mis en évidence 22 corrélations distinctes entre les infections virales et des maladies comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la démence et la SLA. Le résultat le plus frappant concerne l’encéphalite virale : sur 406 cas étudiés, 24 personnes ont développé la maladie d’Alzheimer, ce qui représente environ 6 % des patients. Ce chiffre indique un risque accru de 31 fois supérieur par rapport à la population générale.
L’étude a également montré que les patients hospitalisés pour une pneumonie consécutive à une grippe avaient un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la SLA. D’autres infections, telles que les infections intestinales, la méningite et les infections à varicelle-zona (responsables de la varicelle et du zona), ont également été associées à un risque accru de troubles cérébraux.
L’impact de ces infections virales peut persister pendant une période prolongée, avec des effets mesurables jusqu’à 15 ans après l’infection initiale. Il est important de noter que les chercheurs n’ont identifié aucun virus ayant un effet protecteur contre ces maladies.
Virus pénétrant dans le cerveau
Environ 80 % des virus étudiés se sont révélés neurotropes, c’est-à-dire qu’ils ont la capacité de franchir la barrière hémato-encéphalique et d’affecter directement les cellules cérébrales. Cette capacité d’invasion du système nerveux central pourrait expliquer le lien observé avec les maladies neurodégénératives.
Les chercheurs soulignent l’importance de la vaccination comme mesure préventive. Des vaccins existent déjà pour certains des virus concernés, notamment la grippe, la pneumonie et le zona. Bien que ces vaccins ne garantissent pas une protection totale contre l’infection, ils réduisent significativement le risque d’hospitalisation et, potentiellement, le développement ultérieur de troubles cérébraux.
Il est crucial de souligner que cette étude est de nature observationnelle et ne peut donc pas établir de lien de causalité direct entre les infections virales et les maladies neurodégénératives. Cependant, ces résultats corroborent des découvertes antérieures, comme une étude de 2022 qui associait le virus d’Epstein-Barr à un risque 32 fois plus élevé de sclérose en plaques.
« Nos résultats soutiennent l’idée selon laquelle les infections virales et l’inflammation du système nerveux constituent un facteur de risque courant et potentiellement évitable. »
Chercheurs
Les chercheurs concluent que les infections virales et l’inflammation du système nerveux pourraient représenter un facteur de risque commun et potentiellement modifiable dans le développement de ces maladies dévastatrices.
