Publié le 27 octobre 2025 16:34:00. Des difficultés à avaler ou à parler pourraient être des signaux d’alerte précoces de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) de type bulbaire, selon une étude menée par des spécialistes de l’hôpital universitaire de la Fondation Alcorcón.
- Une étude révèle que les symptômes de dysphagie (difficulté à avaler) et de dysphonie (trouble de la voix) peuvent précéder d’autres manifestations de la SLA bulbaire.
- Quatre patients sur dix atteints de SLA bulbaire ont initialement consulté un ORL pour ces symptômes.
- La détection précoce, facilitée par l’attention des ORL, peut améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative progressive affectant les motoneurones, est souvent diagnostiquée tardivement. Une nouvelle étude met en lumière l’importance de surveiller attentivement les troubles de la déglutition et de la parole, qui pourraient constituer les premiers signes d’une forme spécifique de la maladie : la SLA bulbaire.
La SLA bulbaire, représentant entre un quart et un cinquième des cas de SLA, se distingue par l’apparition initiale de symptômes affectant la parole et la déglutition, contrairement à la forme vertébrale plus courante (70 à 75 % des cas) où la faiblesse commence dans les bras ou les jambes. Les chercheurs de l’hôpital universitaire de la Fondation Alcorcón ont constaté que près de 40 % des patients atteints de SLA bulbaire ont d’abord été examinés par un oto-rhino-laryngologiste (ORL).
L’étude précise que, parmi les patients vus en consultation pour dysphagie, la moitié souffraient de SLA bulbaire, un quart de SLA vertébrale et l’autre quart d’une forme mixte. Un tiers de ces patients avaient déjà signalé des inconforts mineurs, tels que des démangeaisons dans la gorge, une voix rauque ou une sensation d’obstruction en avalant, parfois jusqu’à deux ans avant le diagnostic définitif. Seul un quart avait présenté des épisodes de pneumonie, suggérant que la dysphagie peut survenir bien avant les complications respiratoires typiques des stades avancés de la maladie.
Dans près de la moitié des cas de SLA bulbaire, l’ORL a été le premier professionnel de santé à suspecter une origine neurologique, en observant des anomalies de la mobilité de la langue ou de la fermeture du larynx associées à d’autres symptômes spécifiques. Cette observation souligne le rôle crucial des ORL dans l’identification précoce de la maladie.
L’importance d’un diagnostic précoce
Le diagnostic de la SLA est souvent retardé en raison de l’absence de test spécifique. Il repose sur l’évaluation des symptômes cliniques et l’exclusion d’autres causes possibles, ce qui conduit généralement à un délai de plus d’un an entre l’apparition des premiers signes et la confirmation du diagnostic. Pendant cette période, le patient peut déjà subir une perte de force musculaire, de poids et de capacité respiratoire. Une détection plus précoce permet d’intervenir lorsque l’organisme conserve encore un maximum de fonctions, notamment en mettant en place des mesures pour préserver la musculature impliquée dans la déglutition et la parole.
Un diagnostic précoce peut contribuer à prévenir les complications respiratoires, à planifier une prise en charge nutritionnelle adaptée avant que la dysphagie ne s’aggrave, et à offrir un soutien psychologique et social plus rapide aux patients et à leurs familles. Bien qu’il ne modifie pas l’évolution de la maladie, il peut améliorer significativement la qualité de vie des patients.
Les ORL en première ligne
Dans 25 à 30 % des cas, la SLA se manifeste initialement dans la zone bulbaire, affectant les muscles de la langue, du pharynx et du larynx. Cela se traduit par des difficultés à avaler, des troubles de la voix ou une sensation de corps étranger dans la gorge – des symptômes qui incitent généralement le patient à consulter un ORL en premier lieu, plutôt qu’un neurologue. L’ORL se trouve donc en « première ligne » pour suspecter la maladie avant qu’elle ne se manifeste pleinement. Une suspicion précoce et un diagnostic rapide peuvent avancer le diagnostic de plusieurs mois.
La dysphagie touche entre 47 % et 86 % des personnes atteintes de SLA et peut entraîner de graves complications, allant de la malnutrition et de la déshydratation à l’aspiration pulmonaire et à la pneumonie. La détection précoce de la dysphagie est donc cruciale, non seulement pour la SLA, mais aussi pour d’autres pathologies.
L’étude souligne la nécessité d’une approche multidisciplinaire impliquant des neurologues, des ORL, des rééducateurs et des orthophonistes afin d’améliorer la qualité de vie des patients et de réduire les complications.
À propos du 76ème Congrès National du SEORL-CCC
Madrid a accueilli du 22 au 25 octobre le 76ème Congrès de la Société espagnole d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale (SEORL-CCC). Plus de 1 800 experts nationaux et internationaux y ont présenté les dernières avancées, découvertes et preuves scientifiques dans leur domaine. Plus d’un millier de communications ont été présentées, reflétant l’état actuel de la recherche en Espagne dans les différents domaines couverts par le SEORL-CCC, allant de la chirurgie cervico-faciale à la laryngologie, en passant par l’ORL générale, l’ORL pédiatrique, l’audiologie, la chirurgie plastique, l’otologie, l’otoneurologie, la rhinologie et le ronflement.
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